Europe : Les pièges du libéralisme extrême

L’Union Européenne s’est créée sur le postulat que la paix règnerait chez elle si on supprimait les frontières. C’est ainsi que sont élevés au rang de dogme et au même niveau théoriquement, la libre circulation des marchandises, la libre circulation des capitaux et la libre circulation des personnes.

Dans la pratique, c’est rapidement devenu plus compliqué car il fallait pouvoir contrôler les mouvements de capitaux entre pays aux fiscalités très diverses, d’où des affaires comme Clearstream , car il fallait aussi pouvoir contrôler que toutes les personnes circulant dans le territoire de l’Union y étaient légalement autorisé d’où Schengen et ses exceptions.

Mais globalement le dogme reste.

L’ennui, c’est que c’est aussi  une attitude philosophique : toute entrave est contraire au marché. C’est pourquoi l’Union Européenne est le chantre du libre-échange sans distorsion de concurrence. Et quand il lui arrive de mettre des barrières fiscales, et surtout si celles-ci sont justifiées, elle s’en excuse presque. C’est par exemple ce qui arrive avec la taxe sur les émissions de carbone qu’elle veut imposer à toutes les compagnies aériennes qui desservent les aéroports européens.

De la même façon, elle rechigne, et c’est un faible mot, à imposer des taxes frappant des biens produits dans des conditions socialement et environnementalement inacceptables. Certes, l’identification de tels produits et de telles pratiques n’est pas chose aisée mais cela pourrait être possible si la volonté politique était là.

Ce genre de question, certains de nos concurrents ne se les posent vraiment pas.

Ainsi la Corée, qui tire un profit maximum de son traité de libre-échange avec nous en ce qui concerne les automobiles tout en trouvant mille raisons pour empêcher nos propres voitures d’accéder au marché coréen.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20120404trib000691958/auto-le-traite-de-libre-echange-europe-coree-fatal-aux-europeens.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120405

« Auto: le traité de libre-échange Europe-Corée fatal aux européens »

Il serait temps de faire preuve de moins d’angélisme. Et tant qu’à appliquer des règles non douanières plus contraignantes sur les importations, on pourrait apr exemple mettre en avant la durabilité des produits ou leur éco-conception. Cela aurait en outre un effet d’entrainement pour nos propres industriels, obligés de s’y plier également.

En effet, si on n’est pas obligé d’être naïf et faire preuve d’un peu de réalisme commercial, on peut également être réaliste sans forcément être pirate et imposer des règles qui ont un minimum de sens.

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