No guts !

Après avoir lu les mâles déclarations de la Commission (voir un épisode précédent) et observées les mauvaises manières de la Chine et d’autres pays, on s’attendait à plus de fermeté de la part du gouvernement français. Dans un précédent épisode (2002-2007), dans la même situation, un autre président, qu’on a dit inconstant, impotent et pour tout dire inactif, voire carrément fainéant, avait fait preuve de beaucoup de constance et de force de caractère en maintenant contre vent et marée, une taxe sur les transports aériens.

Là, il suffit que la Chine fronce des sourcils et suspende une commande d’Airbus, que l’Inde frétille et menace d’en faire autant et que les Etats-Unis s’engouffrent dans la brêche pour mettre en difficulté le principal concurrent de Boeing et  s’émeuvent pour que le président de la France (2007-2012) baisse son pavillon

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/20120405trib000692198/paris-lache-bruxelles-sur-la-taxe-carbone-dans-l-aerien.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20120406

« Paris lâche Bruxelles sur la taxe carbone dans l’aérien »

Les Anglo-Saxons ont un mot pour cela « no guts »,  c’est-à-dire « pas de tripe ». Plus gaulois, le Français vise souvent plus bas mais je suis tenu à la décence, plus en tout cas qu’une célèbre émission de marionnettes qui inventa pour le mentor du présent président, un sobriquet qu’ils mirent dans la bouche du précédent.

Bien que cela ne soit génétiquement pas possible, l’actuel président est bien le digne fils de son mentor.

Du coup, on a quand même du mal à croire la proposition  12 de son programme : «Exiger la réciprocité dans les échanges commerciaux entre l’Europe et le reste du monde. Si les négociations n’ont pas abouti d’ici un an, la France réservera ses marchés publics aux seules entreprises européennes, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. »

En 1939 aussi, « pour sauver la paix », certains sont allés à Munich et accepter des compromis qui furent autant de compromissions. Ici, pour sauver des emplois à Toulouse, il demande de faire un compromis sur une mesure emblématique. Mais en face, fort de ce succès, ils avanceront plus loin.
A partir du moment où ces pays refusaient de payer la taxe, tous les aéroports européens leur auraient été interdits. Le moyen de rétorsion était suffisamment menaçant pour qu’en fin de compte Chinois, Indiens, Brésiliens et consorts se disent que quelques euros de plus ou de moins sur un plein de kérosène ne valaient pas un tel sacrifice, mais pour cela il aurait fallu être fort dans sa tête et dans ses convictions.
Et pour conclure, je dirais comme Churchill : » Pour éviter la guerre, ils ont accepté le déshonneur. Ils auront à la fois la guerre et le déshonneur. »

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