Le retour des fermiers généraux

Le gouvernement grec ne sait plus à quel saint se vouer. Puisque l’administration fiscale se montre incapable de faire rentrer l’impôt, la droit grecque vient d’avoir une idée de génie : privatisons l’administration fiscale!

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-droite-grecque-veut-privatiser-la-collecte-des-impots_287710.html?xtor=EPR-175-[XPN_18h]-20120315–191727235@201432087-20120315185738

« La droite grecque veut privatiser la collecte des impôts »

Ce faisant, elle ne fait que réinventer un système vieux comme l’impôt qui s’appelait les « publicains » dans l’Empire romain, les fermiers généraux dans la France absolutistes ou de manière plus anecdotique le sheriff de Nottingham dans l’Angleterre du roi Jean Sans Terre.

Mais c’est sûrement sous-estimer l’ampleur du mal. En effet, un auteur français,Edmont About, circulant dans la Grèce du XIX° siècle faisait déjà ce constat désolé : la Grèce est un pays fâché avec son impôt. Certains avancent l’idée que ce refus de l’impôt remonte à l’occupation ottomane et qu’à cette époque, c’était un acte de résistance passive. L’explication est peut-être vraie, en tout cas elle est jolie.

Mais à y regarder de plus près, est-ce vraiment l’administration fiscale qui est fait preuve de laxisme ou la classe politique qui fait preuve de veulerie? En effet, quand bien même on confierait la collecte de l’impôt à des cabinets privés sous contrôle d’autres cabinets d’audit, ce n’est pas pour autant que l’Eglise orthodoxe paierait plus d’impôt, puisqu’elle en est exonérée alors qu’elle est certainement de loin le plus gros propriétaire foncier du pays. Ce n’est pas pour autant non plus que ces cabinets pourraient taxer ces fortunes qui sont planquées dans des paradis fiscaux européens. Pour cela, il y a bien une solution et nous sommes prêt à leur prêter cinq ans s’il faut l’actuel candidat-président qui a trouvé la martingale pour taxer les « exilés fiscaux ».

Reste effectivement, toute cette petite et grande fraude sur fond d’économie souterraine érigée en système. La contrainte s’ajoutant à une politique de rigueur risque de provoquer beaucoup plus de dégâts, surtout si le collecteur de l’impôt est perçu comme un mercenaire. En la matière je crois beaucoup plus à une démarche pédagogique sur le bon usage de l’impôt mais expliquer cela dans un pays qui paierait des impôts d’abord pour rembourser des banquiers dont les conseils sont à l’origine de tous les maux devient un challenge pédagogique…… très « stimulant ». Et pourtant, la persuasion est à terme la seule solution : un impôt juste est un impôt compris ET accepté. Cela passe sûrement aussi par des mesures draconiennes (en Grèce c’est normal) : une réforme fiscale d’envergure et des mesures spectaculaires comme  celles que prirent les Argentins et plus récemment les Islandais.

La contribution fiscale est plus une question de confiance que de contrainte. Penser le contraire c’est faire de l’idéologie. Et idéologie et gouvernement font rarement bon ménage : c’est pourquoi la privatisation de l’administration fiscale serait vraisemblablement une mauvaise décision de gouvernement

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