Déontologie parlementaire : ça gagne à être connu

I. Comme vous le savez, l’Assemblée Nationale a souhaité moraliser son fonctionnement et s’est doté de règles déontologiques plus strictes. Elle a même embauché un déontologue et ce déontologue vient de publier son premier rapport.

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/rapport_deontologue_2012.pdf

Comme il est bien élevé et que son rôle est de conseiller les parlementaires pas de les morigéner, il donne quelques conseils et aux détours de ces conseils on découvre des pratiques intéressantes :

A.Les colloques organisés au vu et au su de tous par des entreprises privées mais « sous le parrainage d’un honorable parlementaire ». C’est l’activité principale d’officine qu’on affuble du nom pompeux de « relations publiques » . Curieux raccourci mais qui dit bien ce qu’il veut dire : elles vivent des relations qu’elles savent nouer dans la sphère publique.

B. Moins connu, les clubs de parlementaires. Certes, il ne s’agit pas là du club des fumeurs de cigares ou d’amateurs du Beaujolais nouveau mais de clubs au nom souvent emprunté à la mythologie grecque et dont la seule raison d’être est de réunir régulièrement plusieurs dizaines de députés pour leur prêcher la bonne parole de tels ou tels groupes d’influence puissants : les marchands d’armes, les industries agro-alimentaires, etc…

Demander que ces pratiques se fassent dans la plus grande transparence est la moindre des choses et serait normal. Que le déontologue de l’Assemblée Nationale se sente obligé de l’écrire dans son rapport annuel l’est déjà moins et indique combien certains députés ont perdu jusqu’au sens du mot « probité ».

II. A propos de transparence, en voilà un qui l’était transparente : le grand chef du lobby des chasseurs. Depuis des lustres, il se baladait sans être le moins du monde inquiété dans les endroits les plus réservés du Palais Bourbon. Et pour cause : il a bénéficié pendant toutes ces périodes de la couverture complaisante de plusieurs élus, successivement, qui le déclaraient comme collaborateur bénévole. Il se déplaçait même tellement facilement que de son propre aveu, il était « connu comme le loup blanc ». Pas de chance pour lui, la chasse au loup a été réouverte et le président de l’Assemblée a mis le « holà » à ces allers et  venues et le voilà devenu personna non grata dans les allées de l’Assemblée. Ce n’est pas grave, car de toute façon, sa mission était terminée pour le moment : la loi pro-chasse pour s’attirer les bonnes grâces électorales des chasseurs a été votée, sans coup férir et dans l’urgence absolue. IL est donc interdit de séjour…jusqu’à la prochaine alerte car les mauvaises habitudes sont difficiles à perdre.

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Un commentaire pour Déontologie parlementaire : ça gagne à être connu

  1. Ping : Corruption : il n’y a pas que les roses qui fleurissent sur le fumier | Dominiqueguizien's Blog

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