Chiné dans la presse n° 16

I.La chine des  bonnes affaires

A.Protectionnisme ?

Deux commissaires européens viennent de dégainer leurs sabres pour contrer l’invasion chinoise et préparent de nouvelles règles d’accès aux marchés publics plus contraignantes pour la Chine (mais n’est-ce pas des mesures discriminatoires sujettes aux oukases de l’OMC ?) pour contrer les manœuvres des autorités chinoises visant à bloquer l’accès des entreprises européennes à certains secteurs de marché chinois (si tel est le cas, ne serait-ce pas là également des mesures discriminatoires sujettes aux oukases de l’OMC?).

Mais y a-t-il vraiment le feu au lac ?

Non, si on en croit les déclarations de l’ambassadeur de l’Union Européenne en Chine qui prédit que la Chine sera bientôt, dès cette année même, le premier marché pour les exportations européennes

Non, si on en croit les statistiques du commerce extérieur de l’Union Européenne dont les exportations vers la Chine ont été multiplié par 4 entre 2000 et 2010 et où le « made in Germany » fait un malheur.

Non si on en croit les dirigeants chinois eux-mêmes qui annoncent partout qu’ils ont bien analysé la situation et que c’est en aidant l’Europe qu’ils vont s’aider. Notamment, ils souhaitent rééquilibrer les moteurs de leur économie et moins miser sur les exportations et plus sur le développement du marché intérieur .

Donc ce n’est pas au moment où les Chinois se disent même prêts à aider l’Europe à régler rapidement sa crise financière, qu’il faut leur déclarer la guerre sur la commande publique. Le jeu en vaut-il la chandelle?

Peut-être si c’est pour montrer sa détermination mais à ce moment-là, tant qu’à sortir le sabre, au moins qu’il ne soit pas de bois.

Mais peut-être que par « obstacle à l’accès à certains secteurs de marché » ces deux commissaires entendaient-ils parler de la fin annoncée par les autorités chinoises des aides apportées aux constructeurs d’automobiles étrangers qui investissent en Chine. Qu’y aurait-il de déloyal pour un pays de ne pas pénaliser sa propre industrie par rapport à la concurrence étrangère qui bénéficie (encore) d’une grande avance technologique.

B.Expansionnisme ?

Les investissements chinois en Europe ont doublé en 2011. Certes cela reste nettement inférieur aux investissements américains ou japonais mais c’est un signe qui ne trompe pas. Qui plus est, fort de leurs gigantesque réserves financières, les Chinois peuvent se payer le luxe de choisir sur le marché des entreprises à vendre, les fleurons existant ou dans les futurs réseaux rentables.

Les Britanniques, qui sont pragmatiques avant des d’être patriotes, ne sont pas les derniers à ouvrir les bras au fonds souverains chinois. De toutes façons, comme cela fait belle lurette que des pans antiers de l’économie britannique nes sont plus sous contrôle britannique et que les capitaux d’origine britannique sont largement investis partout dans le monde, cela ne les change pas beaucoup. A méditer !

C.Exotisme ?

Hermès, la célèbre marque d’objets de luxe nous fait un drôle de numéro en matière d’exotisme. On nous a suffisamment rebattu les oreilles avec le « luxe français qui un tabac en Chine chez les nouveaux riches » pour ne pas être un peu interloqué par l’initiative prise par cette enseigne qui ne trouve rien de mieux que d’implanter en plein 7° arrondissement le premier magasin européen d’une marque de produits de luxe qu’elle a créée à …..Shanghaï. C’est sûrement ce qu’on doit appeler une chinoiserie, tellement c’est retors comme démarche.

II.L’autre Chine

Les bruits de bottes se confirment

Le budget chinois de la défense devrait être multiplié par deux d’ici 2015 pour atteindre environ 240 milliards de dollars. C’est une accélération dans la dépense dans un secteur où la croissance était déjà forte (+13% en moyenne par an). Et l’effort porterait surtout sur la marine. Ce n’est sûrement pas pour faire des croisières touristiques !

Une première dame en botte  de cow-boy ?

Pour le peu qu’on en sait, le futur Premier Ministre chinois (c’est ce qui a de bien avec les régimes dictatoriaux, c’est qu’on connaît à l’avance le résultat des élections) a l’air d’être un peu moins guindé qu’Hu Jin Tao. C’est du moins l’impression que cela donne quand on apprend que son épouse est une star de la musique folklorique chinoise. C’est paraît-il pour adoucir l’image de son époux. Ce n’est pas dans nos démocraties occidentales qu’on verrait un chef d’Etat ou futur chef d’Etat épouser une chanteuse : une première dame la guitare à la main. C’est impensable, même aux Etats-Unis. Ce serait tellement ridicule !

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