Le nouveau statut colonial ?

Voilà une zone géographique où les entreprises sont rachetées à tour de bras par des investisseurs étrangers qui, manifestement, ne manquent pas de moyens. Et comme ils ont les moyens, ils s’emparent des fleurons ou des activités stratégiques à bon prix. Petit à petit, cette zone géographique va voir ses centres de décision économique se déplacer en dehors de chez elle.

Voilà une zone géographique qui se fait inonder, par une puissance étrangère, de bimbeloterie, vendue à bas prix et qui manifestement ne vaut pas plus cher, mais qui, pour les payer doit en échange essayer de vendre à cette puissance qui l’inonde de camelote, ce qu’elle fait de mieux.

Non ce n’est pasla Chinedes derniers empereurs, inondée d’opium, ni l’Inde des maharadjas, dont l’industrie textile fut ruinée par les cotonnades de Manchester et Liverpool !

Voilà une zone géographique qui entend bien continuer à protéger et donc à exercer son impérium sur une autre zone géographique mais qui demande à cette dernière de bien vouloir financer cette protection.

Non, ce n’est pas Rome et son protectorat surla Gaule, puisla Germanie,la Syrieou l’Égypte !

Non, il ne s’agit pas de ces colonies qui au cours des siècles se sont fait spolier de leurs richesses, ont du subir une invasion de leurs marchés locaux par des produits importés ou ont du supporter des « protections » militaires.

Non, mais  il pourrait s’agir de l’Europe

*où l’immense majorité des produits manufacturés (souvent de piètre qualité) viennent du bout du monde

*dont les plus grandes entreprises  passent les unes après les autres sous contrôle de capitaux étrangers.

*qui continuerait à bénéficier de la « protection » anti-missiles des États-Unis mais ceux-ci se font de plus en plus pressants, parce qu‘ils ont aussi des problèmes de fin de mois, pour que les Européens paient ce bouclier.

Évidemment, ceci n’est pas vrai et que l’Europe n’est pas dans une situation de dépendance coloniale mais certains n’hésitent pas à utiliser cette caricature d’analyse  pour servir leurs intérêts électoraux

L’Europe n’est pas cette colonie que je viens de caricaturer parce que l’Europe est encore maître de son destin.

Dans une économie mondialisée, il est normal, parait-il, que les échanges de biens et de services s’intensifient. A nous Européens, de faire en sorte que ces échanges se fassent « à armes égales », dans le même temps que nous fourbirons les outils pour inverser les flux.

Dans une économie mondialisée, il est normal, parait-il que les mouvements de capitaux s’intensifient. Il est par contre moins normal que des masses de capitaux qui ont été accumulés pendant des décennies en Europe aillent s’investir ailleurs dans le monde, laissant ainsi la place libre à des capitaux étrangers pour s’investir en Europe.

Dans la mesure où les États-Unis sont, encore, nos alliés, il est normal que nous participions à créer un système de défense commun. Il n’est pas normal qu’ils nous l’imposent.

L’Europe n’est pas « colonisée » et nous savons ce qu’il faut faire pour que cela ne reste qu’un slogan à l’usage des discours démagogiques des extrémistes politiques.

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