Brèves de compteur n° 50

La bonne « mauvaise nouvelle »

Le président de la Commission de régulation de l’Energie a envoyé un ballon d’essai en indiquant, qu’à son avis, le prix de l’électricité devrait augmenter de 30% d’ici 2016. Les raisons invoquées , la hausse de la contribution au service public de l’électricité, l’augmentation des tarifs de location des lignes par RTE et les investissements de sécurité post-Fukushima, paraissent un peu cousues de fil blanc. Mais l’essentiel est là : on commence à faire passer dans l’esprit du public que l’électricité va devenir un service cher et plus la hausse sera rapide plus l’effet-prix sur la consommation sera fort.

C’est pourquoi il y a deux urgences :

Activer les politiques de sobriété énergétique (dans le bâtiment et dans la gestion des réseaux)

Mettre en place un tarif progressif  afin de ne pas pénaliser les faibles revenus et creuser encore plus la fracture énergétique

AREVA a bonne mine

La maison AREVA est vraiment une drôle de maison. On l’a dit au bord de la déroute à cause de ses mauvais choix industriels (notamment l’EPR) et cela a beaucoup réjoui les anti-nucléaires primaires. Mais d’un autre côté, on découvre tous les jours de nouveaux aspects de la réalité de cette entreprise dont la transparence n’a peut-être pas toujours été la vertu cardinale. Ainsi, on apprend qu’avec Alstom, Areva est un opérateur majeur du marché des énergies renouvelables…en Allemagne. Mais surtout on entend beaucoup parler ces jours-ci des activités minières d’AREVA. Entre le rachat à prix d’or d’URAMIN, où certains voient une forme de délit d’initiés et la revente annoncée de la participation d’AREVA dans ERAMET, il est beaucoup question de Monopoly minier autour de cette entreprise dont le métier est d’abord la production d’énergie nucléaire. Des tas de bruits courent concernant la reprise par le Fonds Stratégique d’Investissement de la participation d’AREVA  dans ERAMET et des possibles reventes soit à la famille actionnaire majoritaire, soit à des puissances amies (Qatar et Gabon sont cités ici et là). Il faut dire qu’avec le nickel calédonien et la perspective de devenir le premier groupe minier en matière de terres rares hors Chine voila de quoi aiguiser bien des appétits. On comprend que quelqu’un qui ne voulait faire que son métier d’énergéticien pouvait gêner et qu’il fallait la faire partir. Mais nous voilà loin des déboires de la filière nucléaire. Peut-être aurait-il été judicieux de laisser AREVA se débrouiller avec ces participations. En les cédant au meilleur prix, l’entreprise aurait peut-être pu s’offrir une occasion de rebondir adroitement hors du nucléaire. Là, avec le dépeçage annoncé, il n’y aura pas d’autres solutions que de sacrifier la boutique ou d’accélérer : ces deux solutions sont, de toute façon, mauvaises.

TOTAL, une entreprise française

Empêchée de saccager le sous-sol français (gaz de schiste), TOTAL n’est jamais en reste d’une mauvaise opération ailleurs dans le monde. Partenaire pour un 24% d’un projet avec des Japonais de 24 milliards d’Euros d’exploitation de gaz naturel liquéfié en offshore au large des côtes australienne, cette entreprise fraâânçaise rebondit rapidement après avoir investi avec des Chinois dans le gaz de schiste aux Etats-Unis

Mais pour autant Total n’a pas renoncé à ses projets français, puisque le groupe a introduit un recours administratif contre l’annulation de son permis de recherche de gaz de shit autour de Montélimar (autour, c’est quand même plus de 4.000 kilomètres carrés), au motif que sa méthode ne serait pas la fracturation hydraulique mais quelque chose d’inoffensif….mais d’encore inconnu.

On est quand même en droit d’en douter quand on lit le jugement qui vient de condamner la même entreprise à 300.000 euros d’amende pour pollution suite à la fuite qui avait dégueulassé les berges de la Loire. 300.000 euros, c’est peu vu les dégâts causés mais le lire que le groupe pétrolier « a très insuffisamment entretenu les canalisations » et « mis en place un système de surveillance très largement lacunaire » vaut quand même qu’il y ait eu procès.

Etonnez-vous après cela que l’image de l’entreprise soit mauvaise. La preuve : regardez cette enquête sur les grandes entreprises préféres ou detestées des Français. Certes le titre de l’article peut être trompeur mais jetez un coup d’œil à l’infographie.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120117trib000678571/image-les-banques-n-ont-toujours-pas-la-cote.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120118

Dans le texte il est dit que deux entreprises ont un solde d’image négatif :la SNCF (ce qui est faux) et Société Générale (ce qui est vrai). C’est oublier qu’il y a dans ce classement une trentième entreprise classée avec un solde d’image très très négatif mais son nom est caché par un logo. Si vous soulevez le logo, vous verrez qu’il s’agit de…TOTAL. Oubli du journaliste, maladresse de l’infographiste. En tout cas le résultat est là : TOTAL est l’entreprise la moins aimée des Français et le journal arrive à le montrer sans jamais le dire. L’influence dans les médias prend des formes parfois surprenantes.

Le nucléaire rend fou !

*Quand on est à court d’argument rationnel, l’irrationnel est de mise. C’est ce que vient d’illustrer à sa façon,la Royal Society of Chemistry , en faisant porter au Dr No tous le pêché originel du nucléaire

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/13/007-de-linfluence-nefaste-de-james-bond-sur-lindustrie-nucleaire/#xtor=RSS-32280322

C’est un peu comme si l’Académie des Sciences faisait porter au film de Jean-Luc Godard « Week-end » la responsabilité des déboires actuels de la filière automobile française au pretexte qu’on y voit un chauffard (Jean Yanne) et beaucoup de carambolages. C’est idiot mais pour une fois que le lobby pro-nucléaire me fait rire un peu, je ne vais pas bouder mon plaisir.

*Notez que vu la valse des chiffres, il y a effectivement de quoi devenir fou. En parlant de chiffres, je vous confirme que le rapport de la Courdes Comptes qui paraîtra le 31 janvier ne nous éclairera guère sur les coûts complets de la filière nucléaire. Tout juste nous éclairera-t-il, si on peut dire, sur les zones d’ombre persistantes. Nous aurions peut être intérêt à aller regarder ce qui se passe chez nos voisins et notamment les Britanniques.

*Ils ont longtemps avancer parallèlement à nous sur cette voie dangereuse jusqu’à ce que découvrant des gisements mirobolants d’hydrocarbures en Mer du Nord, ils ne ressentent plus avec la même urgence la nécessité de l’indépendance énergétique nucléaire. Et que nous disent-ils, les Britanniques.

1° le démantèlement va prendre du temps, beaucoup plus qu’on ne le pensait : on parle maintenant de 60 ans

2° cela va coûter cher, très cher. Pour 11 centrales et trois centres de recherche le Nuclear Decommissioning Authority estime ce coût à 60 milliards d’euros et la facture ne fait que monter puisque en 2009 l’estimation n’était que de 55 milliards.

3°) après 40 ans de recherche, on ne sait toujours pas que faire des déchets, ni où les mettre

Vu ainsi le nucléaire peut effectivement rendre fou même le plus nucléarophile.

*Mais de son côté Siemens a fait aussi sa propre évaluation et c’est totalement ébouriffant :

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120118trib000678799/siemens-evalue-la-sortie-du-nucleaire-allemand-a-plus-de-1.400-milliards-d-euros.html#xtor=EPR-2-[Lactu+du+jour]-20120118

RWE avait mis la barre à 250/300 milliards. Là, on en est arrivé à 1.400/1.700 milliards. Les chiffres produits par les nucléarocrates français paraissent, du coup, bien faibles.

*Et pendant ce temps-là d’autres ne rêvent que d’une chose : développer leur industrie nucléaire. C’est du moins ainsi qu’il faut comprendre  la main mise par le groupe public chinois China Guangdonc Nuclear Power Holding Company sur le quatrième gisement d’uranium de Namibie. Avec des réserves estimées à 280 millions de tonnes, c’est une belle affaire pour les Chinois mais une mauvaise nouvelle pour ceux qui souhaitent une sortie rapide du nucléaire …partout

Quand je voius dis que le nucléaire rend fou !

Il faut toujours se méfier des trop beaux projets

Pensant faire rêver les partisans des énergies douces, les technocrates de l’énergie dure mettent en avant le projet quasiment délirant de centrale photovoltaïque dans le désert

L’article de Novethic ci-dessus résume assez bien les objections qu’on peut y faire

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,energies,energies_renouvelables,desertec_quelles_conditions_se_fera_revolution_tournesol,136403.jsp?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_content=novethicInfo&newsletter=ok

Mais  cet articleoublie la principale  objection: le gigantisme est souvent en lui-même la principale source de pollution.

Et pour finir une gâterie pour ceux qui comme moi pensent que les Linky et autres compteurs intelligents peuvent être une dangereuse intrusion dans notre sphère privée.

http://www.clubic.com/reseau-informatique/securite-reseaux/actualite-469414-compteurs-linky-hackes.html
Inutile de commenter, je pense.

 

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