La sagesse des marchés vient souvent de la sagesse (têtue) des nations

OGM, pas OGM : voilà un débat qui a fait couler beaucoup d’encre et laissé émerger beaucoup de fantasmes, dans un sens comme dans l’autre, sans que vraiment on se soit penché sur le sujet qui provoqué de telles réactions. Après tout depuis que l’homme est devenu agriculteur, il n’a eu de cesse de modifier les lois de la Nature par croisement, métissage, hybridation et autre petits jeux avec les plantes et les animaux et cela pour le plus grand bien de l’Humanité.

L’innovation avec les OGM, c’est que ces opérations ne se font plus de manière naturelle et les petits jeux des biologistes ont tendance à transgresser les limites que la Nature elle-même avait mise à sa créativité et à mélanger des morceaux de natures différentes, réveillant ainsi dans l’inconscient des peuples les cauchemars apparus avec le mythe de Frankenstein,  créature en partie humaine, en partie minérale ou métallique .

C’est pourquoi, il convient de saluer comme il se doit deux décisions: la première émanant du gouvernement français qui réitère son intention de ne pas autoriser la culture de maïs transgénique,

l’autre de la société BASF qui annonce renoncer à développer des produits transgénique dans l’Union Européenne.

Il convient de noter que ce n’est qu’en Europe que ce mouvement anti-OGM a obtenu de tels succès. Ailleurs dans le monde, la tolérance, l’indifférence ou l’ignorance vis-à-vis des manipulations transgéniques est bien plus grande. Il convient également de noter que la Commission n’a pas pour autant désarmé et ne fait que prendre note de la décision de BASF tout en espérant que cela ne va pas arrêter l’effort de recherche de cette entreprise en matière de biotechnologies.

Et c’est là que se trouve toute l’ambiguïté de la démarche :

*BASF s’interdit-il de produire des OGM, en Europe seulement ou s’interdit-il uniquement de faire de la recherche transgéniques tout en continuant dans la voie des biotechnologies?

*La Commission « prend-elle acte » du refus des consommateurs de consommer et des producteurs de produire, dans l’attente d’avoir trouvé un consensus entre Etats pour imposer une autorisation de produire? Ou profitera-t-elle de ce long moratoire pour pousser aux développement de biotechnologies vraiment plus sûres?

Seule la patience des Peuples pourra aider la Commission et les entreprises concurrentes de BASF à passer à un nouveau stade de la recherche qui prenne en compte la mesure du risque dès l’amont.

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