Happy fews

Fils de…

La nomination comme contrôleur général économique et financier d’un fils de maire avait fait hurler à Bercy. Les cousinages entre Bercy et le Conseil d’Etat ne sont peut-être pas qu’une légende puisque ce  dernier a annulé cette nomination arguant d’une erreur d’appréciation quant aux aptitudes présentées par le candidat.

C’est faire peu de cas d’une carrière honorable dans une compagnie aérienne et l’exercice de mandats électifs dans un arrondissement où savoir compter (les électeurs notamment) est une qualité !

Ils sont jeunes, il est vrai…

*37 ans, directrice dans une grande banque et parallèlement PDG de sa filiale d’affacturage.

*Je vous ai déjà parlé d’un jeune homme de 36 ans qui espérait devenir le patron de la DGSS. Il est déçu, la continuité a prévalu sur le changement puisque l’adjoint et devenu directeur…par intérim (par intérim ? Donc tout n’est pas perdu pour notre jeune homme !)

*26 ans, dont 5 ans de cabinet ministériel. Il intègre le pôle « influence » d’une agence de publicité en tant que consultant senior. On ne sait pas s’il faut rire de voir un senior si jeune ou s’indigner qu’un tel parcours aboutisse dans un pôle qui s’appelle « influence » ou tout simplement que dans une agence de publicité il y ait un pôle qui s’appelle « influence » ?

Mais l’âge ne fait rien à l’affaire …

*à 62 ans , il devient président du Conseil d’administration de la SANEF. Cela couronne une carrière qui le vit fonctionnaire (3ans à peine) , chef d’entreprise , conseiller des puissants, consultants des autres, membres de plusieurs conseil d’administration. Pour les autoroutes, comme pour les énarques, il n’y a rien de tels que le passage au privé.

*à 42 ans, il prend la direction financière d’une grande banque privatisée. C’est une étape de plus dans la carrière qui l’a vu fonctionnaire (4 ans à la sortie de l’ENA) puis banquier. Pour les banques, comme pour les énarques, il n’y a rien de tel que le passage au privé.

*à 39 ans, elle prend la direction de la filiale française d’une multinationale du marché de l’art, après une carrière honorable dans la fonction publique (10ans). Pour les ventes aux enchères, comme pour les énarques, il n’y a rien de tel que le passage au privé.

Cumulards ?

Elle : maitre des requêtes fut directrice d’administration centrale, préside le Conseil d’administration d’au moins deux établissements publics et va porter sur les fonts baptismaux l’ultime avatar historique du quinquennat

Lui : inspecteur général des Finances, ancien président de sociétés d’économie mixte, grand chantre du partenariat public-privé chef de mission de contrôle économique et financier.

Deux belles carrières. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas, mais comme l’actualité les met sous les feux de la rampe, j’en parle un peu

Je ne cite pas tous ces cas pour le plaisir de mettre en lumière des situations qui sortent un peu de l’ordinaire. Au contraire, je n’ai fait que prendre dans l’actualité de ces derniers jours quelques cas (leurs noms importent peu) pour montrer qu’il existe en France une petite frange, très étroite, de notre société, qui n’a pas les mêmes règles de fonctionnement que nous et qui transgresse allègrement la frontière entre intérêt public et intérêt privé. Cela ne veut pas dire qu’il y ait automatiquement malhonnêteté, mais ces confusions brouillent quand même les lignes et des âmes moins bien trempées pourraient un jour s’y perdre..si ce n’est déjà fait.

 

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