Brèves de compteur n° 47

Un débat intéressant !

Récemment, un des nombreux webzines consacrés aux énergies renouvelables se faisait l’écho d’une innovation qui allait bouleverser le paysage énergétique : la nano-cellule solaire. Il reprenait une information parue en février dernier

http://www.energies-solaires.org/wp/47/nano-cellule-solaire-revolution-energie-solaire/

Cet article a fait un peu de bruit et pour cause. En effet, quels sont les problèmes actuels qui bloquent le développement du photovoltaïque ? Il y a d’abord le coût de fabrication des cellules et quand je parle de coût, j’englobe tous les coûts, les coûts financiers comme les coûts environnementaux, ce qui inclut évidemment, l’épuisement de minéraux rares nécessaires pour booster les performances du silicium, et le bilan carbone de la production de ces panneaux. Il y a ensuite, pour ce qui concerne les pays européens et nord-américains, le fait que les Chinois sont rapidement arrivés sur le marché et que développer le photovoltaïque c’est accroître encore la dépendance industrielle vis-à-vis dela Chine. C’est enfin, l’efficacité énergétique des cellules actuellement disponibles qui rendent le coût de production du KWh solaire prohibitif sans coup de pouce des États. Or ces nouvelles cellules apporteraient des réponses à tous ces problèmes : faible consommation de matière (c’est nano, donc c’est tout petit), bon bilan carbone, reprise d’une avance technologique du côté des pays occidentaux et efficacité énergétique sans commune mesure avec l’existant.

Alors pourquoi un débat ? Parce que justement, il s’agit de nanotechnologies et qu’en la matière, on ne perd jamais son temps quand on l’utilise à analyser l’impact que cela pourrait avoir sur notre environnement quotidien. C’est l’application pure et simple du principe de précaution

Mais quand on y regarde de plus près cette aventure, si cela en est une, des nano-cellules solaires n’est pas une nouveauté. Un rapide voyage sur la Toile permet de se faire une idée de l’évolution du débat

En 2005, c’était l’enthousiasme

http://grit-transversales.org/article.php3?id_article=89

En 2008 et 2009, les promesses se précisaient

http://www.energie-renouvelable.tv/blog/index.php/2008/01/30/14-panneaux-solaires-photovoltaiques-en-silicium-et-nanotechnologies

http://www.cea.fr/technologies/nanotechnologies_et_nanosciences/des_nanotechnologies_pour_l_energie_la_sante_e

en 2010, des interrogations commencent à apparaître quant à l’innocuité des nanotechnologies

http://gaiapresse.ca/nouvelles/nanotechnologies-lavenir-de-lenergie-solaire-15269.html

Soit 6 ans pour passer d’un état d’euphorie à un état de veille un peu plus responsable. Manifestement les produits commencent à arriver à un bon niveau de maturité, raison de plus pour poser le débat de leur introduction progressive et contrôlée. Ce n’est en effet pas la même chose d’envisager des panneaux solaires en couches fines (nano-couches) que de vouloir l’utiliser en revêtement mural, en peinture de voitures voir même dans les tissus de nos vêtements. C’est pour cela que ce débat est intéressant, car il permettrait de poser de manière concrète les avantages et les limites des nanotechnologies au-delà des prises de positions idéologiques trop marquées.

Et pendant ce temps dans le photovoltaïque pas nano…

Il y a un an, le 9 décembre 2010, en imposant un moratoire sur le photovoltaïque, la ministre prenait une décision lourde de conséquences pour la filière et pour la plupart des petits acteurs, pionniers de cette technologie. Photowatt se meurt mais refuse de mourir http://www.superwatt.fr/  et de nombreux  opérateurs se regroupent  dans des collectifs comme « touche pas à mon panneau solaire » http://tpamps.fr/#1 pour médiatiser des actions de résistance comme celles que mène le jeune patron breton Le Borgne dans le Morbihan. En témoigner est la moindre des choses, même si cela ne les sauvera peut-être pas. Mais cela nous permettra de nous souvenir qu’une décision administrative est souvent une décision politique et que celle-ci est lourde de conséquences. Mais à voir comme de nouveau projets (et souvent de très gros) dans le photovoltaïque émergent, portés par des opérateurs qui sont tout sauf des pionniers, on se dit parfois que l’ « essorage » du marché ne fait pas que des malheureux. Et cela aussi, c’est politique !

Mais il convient aussi de prendre en compte que du côté des fabricants de panneaux solaires, ailleurs dans le monde, la situation n’est pas non plus très rose. Un pionnier du panneau solaire vient de déposer son bilan en Allemagne, trois groupes de production industrielle de panneaux en ont fait de même aux États-Unis  et même les leaders américains ou chinois réduisent leurs ambitions. La guerre des prix lancée par les Chinois s’est finalement révélée fatale à beaucoup. On assiste là hélas à un épisode classique du développement de marché dans le système capitaliste : seuls les plus costauds financièrement vont subsister en en général, on sait ce que cela veut dire en terme de contrôle dudit marché. Quand je vous disais que cela était aussi politique !

Il y a pile et pile

La pile à combustible (hydrogène) fait aussi fantasmer tous les chercheurs parce que l’hydrogène est, comme le carbone, une molécule largement répandue sur Terre. Mais passer du rêve à la réalisation est plus compliqué qu’il n’y paraît. Que deux grands constructeurs automobiles, américain et allemand,  s’associent pour y réfléchir, quoi de plus normal, puisque finalement, en cas de pénurie de pétrole, ils vont être avec les constructeurs d’avions, les principales victimes si une alternative n’est pas trouvée. Mais qu’un fabricant de stylos, briquets ou rasoirs jetables (vous l’aurez facilement reconnu) veuille se lancer dans la commercialisation de micro-piles à combustible comme recharge d’urgence pour les petits appareils que nous utilisons tous les jours et qui consomment tant d’énergie fait réfléchir. S’il persiste dans sa démarche et compte tenu de la politique commerciale passée de ce groupe industriel, il y a du souci à se faire quant à l’accumulation d’une nouvelle sorte de déchets. Et pendant ce temps-là, un autre tandem automobile, français et japonais, appuient fortement sur le frein dans leur projet de production de batteries « classiques » lithium-ion, le marché de la voiture électrique ne décollant pas à la vitesse voulue.

Un « crude » chasse l’autre

Vous avez sûrement remarqué que les pétroliers ne manquent pas d’imagination pour justifier le maintien de prix hauts pour leur produit. Il y a peu, c’était la guerre civile en Lybie qui permettait de justifier un baril à plus de 100 dollar, auparavant, il y avait déjà eu les guerres en Irak, au Koweït, mais aussi les intempéries en Amérique du Nord et en Europe.

La dernière trouvaille, c’est un regain de tension avec l’Iran.

Mieux vaudrait en sourire si nos économies n’étaient aussi « accros » à cette sacrée mixture !

Une usine à gaz

Le gouvernement ne sait plus comment s’en sortir. Pour des raisons politiques qu’on peut comprendre (quand on est « le président du pouvoir d’achat », il est difficile d’assumer une telle amputation sur le revenu disponible des ménages les plus modestes), il a retardé autant que faire se peut la hausse. Mais le Conseil d’État inflexible, lui impose d’appliquer les règles qu’il a lui-même fixé. Du coup, il tergiverse et applique une cote mal taillée : +4.4% au lieu de 10% mais pour tout le monde.

Les industriels sont furieux, eux qui ont déjà subi deux hausses en moins de 6 mois et qui après cette dernière augmentation auront vu leur coût d’approvisionnement monter de 13% depuis début juillet.

Du coup, il est surprenant que ce soit leurs fournisseurs qui s’indignent et envisagent, à travers leur association, Association Nationale des Opérateurs Détaillants en Énergie (ANODE), un nouveau recours. C’est à croire qu’il pourrait y avoir des accords de modération tarifaire à long terme avec certaines  entreprises et que cette augmentation ne pourra pas se répercuter sur tous les industriels. Le jeu se complique semble-t-il. Quand un marché devient une telle usine à gaz, il convient sûrement de tout remettre à plat.

Les malheurs d’AREVA

Certains se réjouissent des difficultés d’AREVA. Je n’en suis pas.

Certes, c’est sûrement une bonne chose qu’AREVA ne soit plus en mesure de financer sa croissance démentielle qui vise à augmenter sa capacité installée de 55% en 20 ans.  Certes, c’est sûrement une bonne chose qu’AREVA ne contribue pas ainsi à la prolifération des centrales nucléaires en Asie, totalement désinhibée à cet égard, malgré FUKUSHIMA.

Mais si cela a comme conséquence qu’AREVA doive ouvrir le capital de ses filiales mines à des financements privés dont on devine les intentions, il n’est pas sur que cela soit une bonne chose. Or le Conseil des ministres du 14 décembre l’y autorise Conseil des ministres du 14 décembre 2011. Cela privera tout gouvernement à venir d’un fort outil de contrôle

Mais si cela doit se traduire par des diminutions très fortes d’effectifs avec tout ce que cela représente comme perte de compétences, puisque ce sont les départs des plus anciens qui permettent ces diminutions, il n’est pas sûr que cela soit une bonne chose. En effet, Dans un schéma de sortie du nucléaire, AREVA à un rôle important à jouer, ne serait-ce que par la contribution que cette entreprise devra apporter aux opérations de démantèlement progressif des installations partout où ce sera possible, en France bien sûr mais aussi en Allemagne, en Italie, en Belgique, etc.…

N’oublions pas non plus qu’AREVA est progressivement en train de s’investir dans les énergies REELLEMENT renouvelables, via notamment l’éolien offshore.

Se réjouir des malheurs d’AREVA, fait donc peut-être du bien à l’ego de certains mais ce n’est sûrement pas une attitude responsable. Il sera toujours utile de conserver cet outil en état de marche pour le cas où un gouvernement animé de meilleures intentions en matière énergétique décide d’en faire le fer de lance d’une reconversion énergétique dela France

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