C’est la crise !

Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur la tête du bon peuple, qui n’y peut mais !

Nous connaissions le bon Monsieur Bertrand excellent diagnosticien en matière de médicaments et de mise sur le marché, il se révèle aussi bon pronosticien en matière de chômage. En annonçant deux jours à l’avance que « les chiffres d’octobre du chômage en seront pas bons » , il a fait preuve d’une capacité d’anticipation ( à deux jours, certes) intéressante. Et en effet, les chiffres du chômage ne sont pas bons. Le taux officiel est de 9.7% de la population active. Cela fait 3.4 millions de personnes qui cherchent à travailler et ne le peuvent pas. Quel gâchis de compétences, de savoir et de savoir-faire ! Quel gâchis humain surtout ! et encore ce chiffre ne prend pas en compte, les salariés à temps partiel non choisis, tous ces travailleurs pauvres à qui un travail insuffisant ou insuffisamment rémunérés ne permet pas d’avoir une vie décente !

Etonnez-vous après cela que le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès dela Banquede France ait augmenté de 8.1% en un an. Et encore, cela paraît peu, vu la vitesse à laquelle se dégrade la situation personnelle des gens qui avant 2009 vivaient juste au-dessus du seuil de précarité.

Etonnez-vous après cela que les immatriculations de voitures neuves aient repris en novembre le chemin de la baisse (-7.6%).

Est-ce la cause ou la conséquence, mais faut-il s’étonner que 4 mois d’affilée, l’activité industrielle ait reculé en France ?

Comment-voulez-vous qu’il en soit autrement si, pour reprendre justement le cas de l’automobile, le seul segment qui progresse, les voitures à bas prix, est justement celui qui ne fabrique pas en France mais en Europe de l’Est. Si les salariés n’ont pas de travail et pas de salaires, comment voulez-vous qu’ils consomment, surtout s’ils ne veulent ou ne peuvent plus s’endetter ?

Justement à propos de dettes, cela fait cinq mois de suite que les crédits immobiliers au ménage reculent. Après la crise des subprimes, liée à un crédit immobilier trop laxiste, le balancier de la rigueur financière est reparti dans l’autre sens. Le rêve de propriétaire de beaucoup est en train de s’éloigner. Le résultat ne se fait pas attendre. Les ventes de logements neufs sont en chute libre au troisième trimestre (-12.9%). Mais vivant sur la dynamique des trimestres précédents, le marché de la construction se maintient puisque les permis de construire continue de progresser (ce sont les petits veinards( ?) qui ont obtenu un prêt l’an dernier ou au cours du 1° semestre qui démarrent leur projet) de même que les mises en chantier (+11.4%)

Le secteur du BTP, qui partage avec d’autres secteurs, la mauvaise manie de crier « au loup »avant d’avoir eu mal, commence à parler de licenciement massif. : 35.000 emplois en moins, ça va se voir sur le marché de l’emploi.

Etonnez vous après cela que les Français ait le moral dans les chaussettes. Ils en sont revenus à l’état d’esprit qui était le leur début 2009. Et après on dira que les Français sont nuls en économie. Peut-être qu’ils ne savent pas ce qu’est un PIB, une balance commerciale mais ils ont manifestement une intuition forte de ce qu’est une crise

…Mais pas pour tout le monde !

Le miracle des PPP?

En visite chez Martine Aubry avec qui il a contractualisé pour un magnifique Stade, le PDG d’Eiffage, une des trois grandes entreprise française du BTP, avec Bouygues et Vinci, est lui très optimiste et il va même embaucher 3.800 personnes. Il nous livre le secret : il travaille avec les collectivités locales grâce à une solution magique, les partenariats public-privé, les fameux PPP. Solution magique parce qu’elle ne coûte rien aux collectivités en terme d’investissement, donc pas d’emprunt , pas d’endettement. Mais par contre ce que vont découvrir ces collectivités, c’est que pendant 30 ans, elles vont devoir payer un loyer très élevé. Comme les investissements sont d’abord financés dans les collectivités locales par l’excédent en gestion qu’elles retirent de la section de fonctionnement, plus le fonctionnement va coûter cher, moins elles auront d’excédents, moins elles pourront investir. Donc c’est la capacité d’investissement à long terme qu’elles obèrent ainsi. Cela me rappelle toute chose égale par ailleurs, la façon dont le marché immobilier a fonctionné aux Etats-Unis : pour maintenir l’activité, on a permis à des gens qui n’en avaient pas les moyens, de construire grâce à des prêts astucieux, les fameuses subprimes. On a vu le résultat.

Et tout cela pourquoi ? Pour permettre à Eiffage d’embaucher 3.800 personnes et devenir accessoirement organisateurs de spectacles, puisque pour rentabiliser le coût du stade, Eiffage en fera une scène de spectacle et en empochera les résultats.

Cela dit, les péripéties autour du stade de Nancy ont montré les limites de ce modèle. Faute d’avoir trouver une oreille suffisamment complaisante du côté des banques, les groupements d’entreprises qui voulaient rééditer à Nancy ce qui avait si bien marché à Marseille puis à Lille, ont été incapables d’aligner les 60 millions que les collectivités ne pouvaient pas apporter, celles-ci ayant déjà mis dans la balance, 28 millions. Le PPP ne marche que si les banques assurent derrière, car il faut bien que quelqu’un fasse l’avance en fin de compte, même si c’est de toute façon le contribuable qui règle l’addition!

 « Wendel veut céder Deutsch à TE Connectivity pour 1,57 milliard d’euros »

Pour les vieux sidérurgistes de Florange de Rombas ou de Longwy, cela doit faire drôle de voir ainsi réapparaître ce nom de Wendel. On les croyait morts, ensevelis dans la débâcle de la sidérurgie du début des années 80 et la nationalisation par Pierre Mauroy (le prédécesseur de Martine Aubry à Lille, tiens ! tiens !) de leurs avoirs.

Se faire déposséder fut leur chance. Ils étaient devenus pauvres (disaient-ils), les revoilà riches. Et si vous voulez savoir à quel point ils sont riches allez donc sur le site Wendel et vous verrez que cette entreprise qu’ils veulent revendre n’est qu’une petite partie de leur portefeuille.

L’adage est vérifié « on nationalise les pertes, on privatise les profits ! »

Ce n’est décidément pas la crise pour tous le monde, n’est-ce pas Monsieur le Baron !

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