Deux sommets pour rien ?

Un écran de fumée à Bruxelles le 26 octobre

En effet, au-delà des rodomontades des uns des remontrances aux autres, des petits clins de connivence du couple franco-allemand, il ne s’est rien décidé de fondamental. Comment sera alimenté le FESF ? Quelles nouvelles règles de gouvernance économique ? Quel va être le sort de l’Italie ? Autant de question restée sans réponse. Mais on a si bien
enrobé cela que pendant une journée les traders y ont cru parce qu’ils avaient tellement envie d’y croire.  Même les Grecs s’y sont mis de la partie pour dissiper un peu plus vite l’écran de fumée. Deux jours à oublier donc. Non, pas tout à fait. On y a appris que
Sarkozy ne serait pas peiné si les Britanniques partaient. On a appris aussi que la taxe sur les transactions financières (voir plus loin) aurait de bonnes chances de voir le jour en 2012 en Europe si les Britanniques partaient. Mais pourquoi les retient-on donc ?

Un sommet en « demi-teinte » le 5 novembre

Un premier grand vainqueur : le FMI dont le rôle sort renforcé de cette réunion. Il est dès lors d’autant plus étrange de ne pas avoir plus entendu sa directrice générale. Fait-elle un concours avec le Président de l’Union Européenne ?

Un deuxième grand vainqueur le système bancaire, du u moins sa partie institutionnalisée puisque les plus gros en sorte sanctuarisé et qu’on leur a garanti qu’on allait faire la chasse aux plus petits, les voyous, ceux qui ont des pratiques douteuses, c’est-à-dire celles qui ont permis à d’ex-petits de devenir si gros qu’ils sont maintenant intouchables

Troisième grand vainqueur : les 12 hors G8 qui voit leur poids sérieusement augmenter dans les débats

Ya-t-il des perdants ?  Forcément à commencer par les G8, sauf la Russie qui tire son épingle du jeu grâce à ses ressources naturelles

Deuxièmes grands perdants : les organisations internationales. Ainsi dans le communiqué final, l’Organisation des Nations Unies est qualifiée de « nom-membres » avec lequel il faut « poursuivre [un ] dialogue permanent et efficace »

Que retenir donc de cette demi-teinte (le gris est une demi-teinte) ? Surtout les à-côté ?

 

1° à-côté La taxe « arlésienne »sur les transactions financières

Voici une taxe qui n’a que des avantages, sauf bien sûr pour ceux qui l’acquitteront  (et encore ce n’est pas sûr si ça les protège contre leurs propores excès) dont on annonce l’arrivée imminente mais qu’on ne voit jamais. Le G20 n’a pas failli Voici deux déclarations qui valent leur pesant de bêtises

 » Inutile de dire qu’il n’y a pas consensus, certains pays y sont très opposés » réaction
fataliste de notre président. Les « certains » ce sont d’abord les Etats-Unis et le Royaume-Uni, les uns parce que ce sont surtout leurs banques qui sont à la manœuvre et l’autre parce qu’il s’est fait une spécialité de transformer chaque confetti sur l’océan, ancienne partie de son Commonwealth, en autant de paradis fiscaux qui ne vivent que de ces transactions

Ensuite, je ne sais pas s’il faut en rire ou hurler de colère quand on entend la présidente du MEDEF nous susurrer « Nous sommes pour cette taxe, mais… à condition que sa mise en œuvre ne remette pas en cause les conditions de la concurrence internationale »  Vu ce que vient de dire le président, cela s’appelle se moquer du monde!

Mais on nous la promet pour 2012 en Europe ! Comme disait l’autre « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

 

2° à-côté : Les intouchables

29 banques ont été déclarées systémiques par le Conseil de Stabilité Financière. Cela veut dire que leur taille est telle qu’elles ne peuvent pas, QU’ELLES NE DOIVENT PAS  faire faillite

Je vous en donne la liste. Cela peut toujours servir dans ces périodes d’instabilité de savoir que « le système » fera tout pour que « votre » banque ne ferme pas.

Bank of America, Bank of China,  Bank of New York Mellon , BPCE, Barclays, BNP Paribas Citigroup, Commerzbank, Credit Suisse, Deutsche Bank, Dexia, Goldman Sachs, Credit Agricole, HSBC, ING, JP Morgan Chase, Lloyds Banking Group, Mitsubishi UFJ FG, Mizuho, Morgan Stanley, Nordea, RBS, Santander, Société Générale, State Street, Sumitomo Mistui, UBS, Unicredit, Wells Fargo

J’ai faille y croire mais quand j’ai vu le nom de DEXIA, j’ai compris que c’était comme le stress test : c’était bidon et juste fait pour nous rassurer. Qu’on ait eu besoin de nous rassurer sur ces banques, c’est cela qui commence à m’inquiéter !

Et comme en plus on leur demande de renforcer leur capital et que cela a un
coût, devinez qui va payer ce coût ?

Bonne nouvelle quand même

Ce Conseil de Stabilité Financière a également deux nouvelles missions : s’intéresser de près aux banques parallèles qu’en Anglais on appelle shadow banking et suivre en continu les niveaux de bonus distribués et les rendre public. Chiche !

3° à-côté La lutte contre l’évasion fiscale progresse… un peu

Une convention pour renforcer la lutte contre l’évasion fiscale a été signée par les membres du G20. Cette convention, conclue sous l’égide de l’OCDE, prévoit l’échange automatique de renseignements, des contrôles fiscaux simultanés et multilatéraux ainsi que l’assistance au recouvrement des créances fiscales

Elle prévoit aussi de « solides garanties » pour protéger la confidentialité des renseignements échangés.

On a aussi appris de la bouche de notre président qu’il existait encore 11 paradis fiscaux :

Antigua-et-Barbuda, La Barbade, le Botswana, Brunei, Panama, les Seychelles, Trinidad-et-Tobago, Uruguay et Vanuatu. Rappelons-nous que certains de ces états voyous font partie des 23 Etats avec lesquels nous avons signé des conventions fiscales au cours des deux dernières années. Mais est-ce à dire que tous les autres pays sont exempts de tare. Je commence à m’inquiéter pour l’équilibre économique de Jersey, des Iles Turques-et-Caïques ou d’Andorre et consorts.

 

4° à-côtéLes nouveaux banquiers du monde

La Chine va nous prêter de l’argent, comme elle en a prêté et encore plus aux Etats-Unis
pendant au moins une décennie. Mais jamais au grand jamais, les achats d’obligations américaines n’ont été l’occasion de déclarations aussi fortes que celles qu’a fait le président du CIC, fonds souverain chinois qui pèse 300milliards d’Euros et dont voici un florilège /

« Les troubles qui se sont produits dans  les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux. »

« Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. Le système d’incitation est complètement détraqué« 

« Pourquoi est-ce que les habitants de certains pays de la zone euro devraient travailler jusqu’à 65 ans ou plus alors que dans d’autres pays ils prennent aisément leur retraite à 55 ans et se prélassent sur la plage ? »,

« Nous sommesoptimistes vis-à-vis de l’euro. Mais il y a toute une série de réformes quidoivent être entreprises sans délai. Avoir 17 membres et 17 gouvernements n’est pas une excuse pour ne rien entreprendre« .

Nous voilà prévenus. Même à la grande époque des Chicago’s boys de Friedman, la Banque Mondiale et le FMI n’osaient pas parler aussi durement aux petits pays qu’ils mettaient
au P.A.S.

 

 Et pour finir sur une note optimiste

Les chiffres
indécents

« Barclay’s Bank fait un bénéfice imposable de 2.7
milliards d’Euros au 3° trimestre 2011 »

« Le fonds souverain norvégien a perdu 37 milliards
d’€uros au 3° trimestre 2011. Sur un patrimoine de 570 milliards, cela laisse
encore de la marge »

1° On commence à voir qui vont être les perdants et les
gagnants de cette seconde manche financière.

2° On ne sait pas ce qui est le plus scandaleux : qu’un
fonds souverain puisse perdre sans moufter 37 milliards ou qu’un petit pays
comme la Norvège
(le cas d’Abou Dhabi est encore plus caricatural semble-t-il) puisse ainsi
accumuler autant de capitaux. Ce sont de tels déséquilibre et de telles
concentrations qui expliquent en grande partie les tourmentes qui secouent
régulièrement la planète finance. Et encore le fonds norvégien est géré selon
des principes luthériens et celui d’Abou Dhabi selon les principes de la
finance islamique. Imaginez de telles masses financières aux mains de gens sans
loi, …ni foi.

 

Publicités
Cet article, publié dans l'économie comme on la subit, mondialisation quand tu nous tiens, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s