Chiné dans la presse n° 7 les grands preceptes de Sun -Tzu

Sois généreux, surtout quand tu te sens faible!

On pourrait être surpris de lire cet titre dans la presse économique : « Pékin joue la conciliation face à la menace du vote américain « 

Mais en fait cela se justifie tout à fait quand on regarde d’un peu plus près la situation de la Chine . En effet la Chine est très dépendante de ses exportations qui lui assurent 20% de son PIB. Cela dit, d’autres pays sont aussi dans ce cas voire même encore plus dépendant que cela du commerce mondial.

Mais ce qui distingue fondamentalement la Chine de ces pays, c’est que le gouvernement chinois a besoin vitalement d’une croissance vertigineuse. Si on en croit les analyses convergentes d’économistes, en deçà de 8% de croissance du PIB, la Chine serait confrontée à la montée du chômage (exode rural oblige) et compte tenu de la répartition actuelle des richesses et de l’activité en Chine , cela aurait immédiatement des répercussions sur la tranquillité des grandes cités industrielles qui ont poussé comme des champignons au cours de ces deux dernières décennies. http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110906trib000647136/ce-geant-de-l-economie-mondiale-inquiet-d-une-croissance-inferieure-a-9.html#xtor=EPR-2-[Wall+Street+Briefing]-20110906

Or en septembre, comme en avril dernier, l’excédent commercial chinois s’est brutalement contracté tout en restant quand même assez plantureux.

Mais ce qui inquiète plus les économistes [certains comme Pierre Larrouturou le disent même depuis près de deux ans], c’est la situation de la dette intérieure et la (peut-être] fausse bonne santé des banques . En effet, il ne faut pas oublier que la Chine a pu rebondir aussi rapidement en 2009-2010 que grâce à un plan de relance pharaonique représentant environ 30% de son PIB . Or ce plan a été largement financé par l’appui des banques qui ont apporté 80% des crédits aux collectivités locales qui ont porté des milliers de projets, dont tous ne suffiront pas à assurer la couverture de la dette. Une telle situation ne reste gérable que si la croissance permet un étalement dans le temps du risque éventuel.

C’est pourquoi il est vital pour la Chine de continuer à vive allure. L’Empire du Milieu est un peu comme ce cycliste funambule avec deux gros sacs au bout de son balancier et qui est obligé de pédaler et pédaler encore au risque de chuter dans le vide!

Cela peut expliquer un peu de compréhension vis-à-vis du principal partenaire, non?

Montre les dents, surtout quand tu te sens faible!

On pourrait être également surpris en lisant cet autre titre dans la même presse « Le Sénat américain déclare la guerre à la sous-évaluation du yuan »

En effet, les Etats-Unis ne sont pas à ce point fringants pour se lancer comme cela dans une guerre monétaire et commerciale. Et pourtant, c’est ce que vient de faire le sénat américain en votant une loi taxant lourdement les produits bénéficiant d’une politique de dumping monétaire.

De fait, les Américains craignent beaucoup plus les Chinois que ne le font la majorité des Européens. C’est ce que révèle une enquête menée des deux côtés de l’Atlantique. 63% des Etats-Uniens en effet pensent que la Chine est une menace économique contre 41% des Européens. Parmi ceux-ci, un peuple fait exception, les Français, qui sont presque aussi nombreux que les Yankees à penser que les Chinois sont un danger pour notre économie. Nos voisins pensent au contraire que la Chine représente maintenant une opportunité économique. A la décharge des Français, il faut reconnaitre que nous sommes le seul pays au monde à avoir fait d’un ministre de la propagande, un intellectuel pour avoir écrit un livre qui leur a fait peur des décennies à l’avance , « Quand la Chine s’éveillera ». C’est peut-être pour calmer ces craintes que le Chinois ont acheté 20 Falcon Dassault; ils n’ont quand même pas poussé la complaisance jusqu’à acheter des Rafale

Il n’en demeure pas moins que les Américains se sentent sur la défensive et une bête acculée est toujours dangereuse

A moins que tout ceci ne soit que gesticulation de négociation avant le round de début Novembre à Cannes et que chacun joue à front renversé.

Mais une chose est sûre, c’est que tous ont à perdre  à un échec de ces négociations. Une autre chose est sûre, c’est qu’il y a cinq ans personnes, même pas Alain Peyrefitte, du fond de son tombeau, n’aurait oser prédire que la Chine serait le véritable arbitre de ce sommet mondial.

 

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