1984 (RSE, droits de l’homme etc..)

Avec l’ordinateur, nous avons appris à maitriser  des millions de données, avec Internet, nous avons appris à échanger avec des millions de personnes qui elles mêmes maîtrise des millions de données, avec les réseaux sociaux, c’est toujours et partout que nous restons
connectés à des millions de personnes qui maitrisent des millions de données.
Dit ainsi, cela donne un peu le vertige. En langage scientifique, on parle de peta-octets, en langage media on parle de « big data », c’es quand même moinsanxiogène. il n’en reste pas moins qu’on a basculé en quelques années dans des domaines de la connaissance qui sont de nature à bouleverser notre rapport au savoir, à la science et à nos méthodes de communication.

Après un retour sur l’article fondateur de Chris Anderson,, intéressons-nous un peu à ce que cela implique dans la vie des entreprises.Il convient peut-être de partir de cet article le déluge de données vu par The Economist. dont le titre à lui seul indique bien que les entreprises parent au plus pressé pour endiguer un phénomène que la plupart d’entre elles ont du mal à maîtriser.

Personne ne sera surpris de constater que les seules entreprises qui ont à peu près maîtrisé ce déferlement sont justement celles qui en sont à l’origine, bouleversant par là même tous nos schémas de pensée largement emprunté à la vision philosophique du monde qu’avait imposé Aristote . La  causalité disparait, seule reste la corrélation. C’est le triomphe de la loi faible des grands nombres sur la méthode expérimentale; et c’est ce qui fait le succès des business model totalement improbables des entreprises comme Google, Facebook.

C’est aussi ce qui a fait le succès  des opérateurs financiers capables de d’utiliser des algorithmes extrêmement puissants déclenchant des milliers d’ordre à la seconde en se fondant sur les études probabilistes les plus sophistiquées.

C’est aussi ce qui est à la base des techniques de marketing les plus élaborées, qu’ont appelle le marketing prédictif.

Ces techniques ont ceci en commun qu’elles sont extrêmement dangereuses. Deux ou trois alertes sur les marchés boursiers ont montré que l’emballement de ces algorithmes pouvaient déclencher des cataclysmes boursiers sans que rien dans les fondamentaux de l’économie réelle ne le jutifie. L’analyse comportementale qu’induit les schémas marketing qui sont à la base du succès des gens du Net sont fondés sur une exploration extrêmement intrusive de notre vie privée. Cela pose évidemment un problème de morale, pour autant que nous estimions que la sphère privée est un domaine inviolable.

Mais indépendamment de ces questions philosophiques, il n’en reste pas moins que nous nous trouvons actuellement quelque part entre un monde dirigé par les robots (qui spéculent à notre place) rappelant « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley et un monde sous haute surveillance dont le mot d’ordre serait « Big Brother is Watching you! » imaginé par George Orwell.

Ceci doit interpeller la responsabilité sociale des entreprises!

Finalement, était-il un génie visionnaire, ou un cynique prescient, mais Steve Jobs n’avait peut-être pas tout a fait tort d’intituler le petit film publicitaire de lancement de son
premier produit grand public « 1984 ».

Il n’avait pas 2 ans de retard mais 25 ans d’avance!

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