La fin de la bagnole en Europe ? et la mondialisation heureuse (pour quelques uns) !

Un marché un peu-beaucoup sous perfusion

Une des mesures-phares du plan de relance de 2009 était le nième avatar  de
« la prime à la casse ». L’effet a été immédiat : après des chiffres catastrophiques en 2009, une euphorie plus ou moins douce en 2010 et de nouveau le plongeon en 2011. Un marché qui fonctionne ainsi à coup de « coups de pouce gouvernementaux » n’est pas un marché sain. On peut d’ailleurs se demandait si c’est encore un marché puisqu’il faut des artifices
pour que l’offre rencontre la demande dans des conditions économiques acceptables

 

Quand l’écolonomie s’en mêle

En introduisant le principe du bonus-malus, l’Etat a en plus voulu influer sur le marché, qui n’avait pas besoin de cela, pour des motifs qui n’ont rien à voir avec le marché. Du point de vue du marché, et singulièrement de la production « made in France », ça n’a peut-être pas été une bonne idée. En effet, si nos constructeurs hexagonaux se sont fait une spécialité des « petites voitures », ils se sont également fait les spécialistes de la délocalisation de leur site de production. Ainsi la voiture de marque française marche plutôt bien mais elle vient de Tchéquie, de Slovaquie, voire de Roumanie

Et le pire est que le dispositif bonus malus est déficitaire, donc qu’on dépense fiscalement pour importer des voitures de marque française. Cherchons ensemble l’erreur !

Mais me direz-vous ! le bonus malus a quand même eu des effets bénéfiques : le parc actuel est 12% moins polluant qu’il y a 3 ans. Certes mais comme nous n’avons pas d’outils de comptabilité publique fiables et compréhensibles pour en rendre compte, nous
voilà un peu comme une poule devant une perle !

Résultats : l’emploi décline un peu partout

Les équipementiers auto en France réduisent leurs effectifs

« Malgré l’amélioration de l’activité automobile, les équipementiers
revoient à la baisse le nombre de leurs employés….. »

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20111004trib000653966/les-equipementiers-auto-en-france-reduisent-leurs-effectifs.html#xtor=EPR-2-[Industrie++Services]-20111005

Mais ce n’est pas pour autant la catastrophe pour tout le monde

Le couple Renault-Nissan va investir 1.300 millions d’€uros  pour augmenter sa capacité de production ….au Brésil avec l’ambition de doubler sa part de marché dans ce pays avec des produits ayant fait leurs preuves sur le marché européen, en entrée de gamme.

Après Volvo, le second constructeur automobile suédois, Saab, passerait aussi sous contrôle chinois. On pense bien que cette prise de contrôle de l’industrie automobile suédoise par les Chinois n’est pas faite dans le but de relancer le marché automobile suédois. L’intérêt est ailleurs.

L’automobile dans une mondialisation heureuse…ailleurs

D’après le cabinet PriceWaterHouseCooper, les marchés émergents devraient devenir les premiers producteurs automobiles et cette croissance de la production doit se faire d’abord pour leur marché domestique. Donc nonobstant les questions liées à l’épuisement des ressources naturelles, c’est plutôt une bonne chose pour les constructeurs automobiles.

Leur avenir semble s’annoncer radieux.

.Et c’est là l’un des paradoxes de la mondialisation. Des entreprises françaises peuvent très bien tirer un large bénéfice de cette mondialisation de l’économie alors que leurs salariés en France vont en pâtir et le pire est que pour les aider à passer un trou d’air passager, l’argent public a été injecté sous forme de prêts ou de subventions indirectes, et en pure perte , car en pensant aider l’emploi en France, on a au contraire aider à le détruire en confortant ces entreprises dans l’idée qu’elles avaient réellement intérêt à ne plus produire en France.

« Tout est perdu, fors l’honneur ! »

Pour autant doit-on considérer que tout est perdu. Certes, le marché est devenu mature, ce qui en terme élégant signifie qu’il vieillit mal. Mais pour autant, peut-on dire que dans ce domaine tout soit fini. Il s’agit là d’un débat qui devient récurrent dans nos économies, elles même matures : faut-il ré-industrialiser ? Faut-il aller au-delà et générer de la valeur autrement que dans la production de biens ? Une réflexion sur ce qu’est la voiture, les services qu’elle nous rend la façon dont elles nous les rend ouvre du coup au moins de champ de réflexion à l’innovation : comment faire que la voiture rende de façon différente le même service que de l’acheter dans les conditions actuelles du marché ? Comment satisfaire autrement les besoins (tous les besoins des plus basiques au plus sophistiqués)  que satisfait actuellement la voiture, dans les conditions économiques actuelles du
marché ?

Si on s’oriente vers une réponse en terme de services et essentiellement de services, il conviendra de se poser la question fondamentale : est-ce qu’une société qui ne produit plus que du service et de la connaissance est capable de générer suffisamment de valeur pour pouvoir se procurer ailleurs, les biens qu’elle ne produit plus elle-même et qui sont pourtant indispensable au fonctionnement de son modèle?

C’est à cette question qu’il devient urgent de répondre plutôt que de ressasser des vieilles lunes sur la relocalisation d’activités qui manifestement ont trouvé ailleurs des conditions plus favorables à leur épanouissement. L’alternative est de modifier provisoirement les règles du jeu.
Ceci nous renvoie au début de ce billet et ce n’est jamais une bonne chose de manipuler les règles du marché …dans une économie de marché.

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2 commentaires pour La fin de la bagnole en Europe ? et la mondialisation heureuse (pour quelques uns) !

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