L’Europe comme elle va ….. c’est-à-dire mal et de travers !

Une commission par définition est commise  pour faire  quelque chose comme un exécutif exécute ce que d’autres ont décidé

Même si c’est un usage communautaire bien ancré, il est toujours surprenant de lire « Le président de la Commission européenne présente…dans son discours sur l’état de l’union. » Les mots étant rarement neutres, on  ne peut pas s’empêcher de faire un rapprochement avec un autre « discours sur l’Etat de l’Union. », celui qui est prononcé tous les ans par le Président des Etats-Unis d’Amérique et qui est attendu un peu comme le discours de politique général de l’exécutif fédéral. On perçoit tout de suite le hiatus entre les deux positions institutionnelles. Puisque le traité de l’Union dote celle-ci d’un Président, ce devrait donc être à VAN  ROMPUY de faire ce discours mais là aussi, l’ironie de la proposition apparaît immédiatement. Et ce n’est pas parce que le Président de la commission affirmera, ce qu’il a fait dans son discours sur l’état de l’Union du 27 septembre 2011 que « la Commission  est  le gouvernement
économique de l’Union. » que cela est automatiquement vrai.

Et pourquoi avons-nous ce malaise ? Il est vraisemblable que c’est parce que nous ressentons tous l’impuissance d’une institution qui si elle a des pouvoirs importants, et on en reparlera plus loin, ne dispose ni des outils pour agir, ni de la légitimité pour s’en servir. En effet, sans compétence pour piloter une politique budgétaire et/ou monétaire, un
exécutif, quel que soit la forme de gouvernement NE PEUT PAS PRETENDRE pouvoir
jouer un rôle moteur en matière de politique économique. Et quand bien même la Commission les aurait, dans le dialogue institutionnel tel qu’il existe actuellement, quel serait sa légitimité face à des institutions issues DIRECTEMENT du suffrage universel.

Aucu…, aucu….,

aucune hésitation !

Une seule solution !

La fédération !

C’est en quelque sort le slogan surprenant qu’entonne un gaulliste, pour être plus précis un chiraco-gaulliste, mais peut-être avant tout pragmatique quand le ministre des affaires étrangères  affirme à la télévision : « Il faut aller un coup plus loin dans la solidarité européenne…. [Européens sont] sur le point de franchir une première étape dans la constitution d’un gouvernement économique européen. »

Il a beau faire de la restriction mentale en parlant de l’alliance franco-allemande, le mot est lâché : « gouvernement européen » et l’initiative de la Commission de lancer une taxe Tobin européenne soutenue par le Parlement va dans le même sens, de même que les « obligations européennes » émises par l’Union. Il n’y a pas de doute quelque chose peut bouger, doit bouger !!!

A défaut d’être un gouvernement, la Commission est un bon gendarme mais réagit comme un gendarme « Je ne veux pas le savoir : la loi, c’est la loi. » et qui plus est dogmatique !

Plus de 2.000 procédures engagées contre les Etats en infraction avec les règles de l’Union. Cela fait quand même beaucoup de litiges. Cela montre que la Commission est très active pour faire respecter les règlements et directives mais cela montre aussi que les Etats-Membres sont indisciplinés et ne font pas toujours grand cas des règles qu’ils ont pourtant acceptées, via le Conseil. Il faut dire parfois que ces règles sont d’une application plutôt malaisée. Ainsi prenons la procédure d’infraction lancée conjointe contre la France et le Royaume-Uni « en raison du manque de concurrence dans les services ferroviaires utilisant le tunnel sous la Manche. » !
Comment voulez-vous que ces deux pays organisent la concurrence:

1° sur un bout de tronçon qui n’est ni sur le territoire de l’un, ni sur le territoire de l’autre puisqu’en dessous des fonds marins

2°dans une infrastructure appartenant à un opérateur privé détenu qui plus est à 25% par un des groupes financiers les plus influents et les plus nuisibles, Goldman Sachs

3°)alors qu’un des deux pays a déjà totalement privatisé l’ensemble de son réseau et que ça ne marche pas bien

4°) et que l’autre vient à peine de tenter une timide ouverture du sien à un opérateur privé.

La Commission est bien dogmatique et pour un gendarme, cela n’est pas bon !

Mais tant que pour « cette » Commission-là, Solidarité rimera avec charité……

En effet, c’est bien que la Commissionest ait décidé de contourner l’arrêt de la Cour Européenne de Justice en transférant des politiques agricoles vers les politiques de
cohésion sociale le programme d’aide alimentaires pour pouvoir continuer à financer ce programme sans lequel beaucoup d’associations caritatives ne pourront pas boucler l’hiver. Mais c’est vraiment avoir une vue étroite de la cohésion sociale qui confine l’intervention sociale à la charité des dames patronnesses. Aucune réflexion sur l’harmonisation par le haut si possible du statut social  des habitants de l’Europe, et singulièrement du statut des travailleurs.

Tant que des organisations patronales pourront co-signer des déclarations comme celle-ci…

« Afin que puissent être établies les fondations d’une Europe du XXIème siècle prospère et politiquement forte, nous demandons à l’Union européenne de lancer le chantier d’un nouveau Traité, qui constituera une étape nouvelle vers une Union politique et économique plus étroite. »  Déclaration commune MEDEF français, MBI allemand et
Confindustria italienne

Alors, la construction européenne restera une construction idéologique
et par conséquent peu propice à une large adhésion démocratique

En effet, tous les régimes qui se sont constitués sur des bases idéologiques marquées ( le
fascisme, le nazisme, le communisme) ont tous mal tournés

Comme il est devenu patent que l’Europe doit faire un pas de plus en avant faire une forme de fédéralisme, qui reste encore à inventer, mais qui ne sera ni le fédéralisme belge (qui vient de montrer ses limites), ni le fédéralisme helvétique (qui malgré son grand âge ne s’est jamais exporté), ni le fédéralisme américain (Nord-Américain ou mexicain), il convient de partir si possible sur de bonnes bases et éviter dès le préambule d’imposer des
pré-requis idéologiques comme le libéralisme ou l’héritage judéo-chrétien mais
s’appuyer essentiellement sur les principes les plus communément admis et qui ont fait leurs preuves dans tous les Etats où ils sont à l’œuvre : les principes démocratiques qui sont peut-être, avec notre histoire, notre meilleur héritage commun.

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