Brèves de compteurs n° 36 spécial « grands groupes »

1°) Les énergies renouvelables sont  en train de devenir une affaire de grands groupes

Après avoir fortement investi dans l’éolien et notamment l’éolien off-shore, le groupe Siemens investit maintenant dans le solaire et là où ça peut rapporter rapidement, c’est-à-dire en Italie et dans les DOM. Certes ce sont encore des débuts modestes mais quand même 15 centrales d’un coup, ce n’est pas à la porter du premier venu. Décidément, l’époque des petits pionniers sympathiques semblent bien révolues.

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20110906trib000650219/siemens-va-construire-15-centrales-solaires-6-en-italie-et-9-dans-les-dom.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20110920

Dans la biomasse aussi, ça commence à se bousculer au portillon. Certes la biomasse ça peut servir à bien d’autres choses que produire de l’énergie comme le pétrole ou le charbon servent ou ont servi à produire bien autres choses que de l’énergie. Compte tenu des investissements dans les bio-raffineries, on ne peut pas dire ici qu’il y ait eu une époque des petits pionniers sympathiques

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20110907trib000650217/bioraffineries-les-grands-industriels-lorgnent-cette-mutation-verte.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20110920

Il n’est pas jusqu’au plus vieil opérateur historique encore vivant dans le secteur de l’électricité, General Electric, qui ne vienne à son tour mettre son grain de sel sur le marché des énergies renouvelables. Et manifestement, ce n’est pas pour y faire de la figuration !

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20110910trib000650213/eolien-terrestre-ge-grapille-des-parts-de-marche-en-france.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20110920

Qu’ont en commun ces trois exemples : il s’agit toujours d’importants opérateurs industriels avec souvent un riche passé et qui arrivent dans ce secteur avec leurs méthodes et leurs objectifs : plus grands, plus puissants pour être le plus efficace possible, l’efficacité étant évidemment la condition sine qua non de la rentabilité financière. Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, il est à craindre que l’irruption dans ce secteur de « gens sérieux » mette un peu à mal les rêves utopiques de sobriété heureuse qu’ont fait naître les énergies renouvelables. Puisqu’il faut que les investissements « crachent du cash », il va falloir pousser à la consommation : vendre plus pour gagner plus comme disait quelqu’un il y a 5 ans !Ceci générera à son tour un phénomène de pénurie localement (forcément même si l’utilisation de sources renouvelables multiples permet de mieux répartir la production)  qui entraînera à son tour un besoin d’investissement nouveau localement etc… et ce qui devait permettre d’économiser un peu la planète va en fait l’user encore un peu plus vite, sans compter que ces installations de plus en plus grandes (quand on parle de turbine de 2.5MW en éolien terrestre et 7 MW en éolien offshore, on imagine la taille de la « ferme éolienne ») généreront des nuisances de voisinages sans commune mesure avec le léger inconfort des « fermes éoliennes actuelles ». Il n’est donc pas sûr que l’arrivée de ces « gens sérieux » soit forcément une si bonne nouvelle que cela et qu’ils ne soient pas en train de rompre (déjà !) définitivement le fragile équilibre entre efficacité économique, innocuité environnementale et équité sociale qui est au barycentre du triangle magique du développement durable (le vrai, par celui qu’ont ripoliné des communicants aussi astucieux que cyniques !)

2°) Réduire la demande est aussi important que de produire proprement

 

Et c’est peut-être là qu’on retrouve encore ces pionniers  sympathiques qui ont compris que la sobriété heureuse, cela ne voulait surtout pas dire décroissance et retour à la bougie mais au contraire  recherche et développement, utilisation positive de l’intelligence humaine pour conserver le même niveau de service voire même des standards de vie supérieurs tout en étant moins perturbateurs de notre environnement.

Et cela se passe en premier lieu dans nos bâtiments. Tous le monde à entendu parler de smart grid, qu’il ne faudrait surtout pas réduire à ce gadget laid qu’est le Linky que veut nous fourguer de force ERDF. Mais il n’y a pas que cela. Il ya

des petites « maisons pas chères » mais vertes   style Project Frog http://www.projectfrog.com/

[vérifier quand même que ça tient la route car les petites maisons pas chères depuis Chalandon et Borloo, on sait hélas ce que ça cache],

des producteurs de verre intelligent Soladigm, http://soladigm.com/

des gestionnaire de centres de données encore plus intelligent JouleX http://www.joulex.net/about/  etc.

Il y a surtout le rôle que doivent jouer les concepteurs de ces maisons à commencer par les architectes http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20110905trib000646810/la-maquette-numerique-pour-un-batiment-performant-des-sa-conception.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20110920

Il y a surtout le concept de ville intelligente qui commence à se répandre dans le monde

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20110914trib000650209/les-smart-cities-un-marche-qui-va-quintupler-d-ici-a-2016.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20110920

et même en France, où il n’y a pas que l’écho-quartier de Limeil-Brevannes (Val de Marne), qui présente la caractéristique amusante de pousser à côté d’une décharge sauvage qui n’arrête pas de brûler depuis le début de l’été

http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20110916trib000650206/a-nice-le-grand-projet-d-eco-vallee-prend-tournure.html#xtor=EPR-2-[Green+Business]-20110920

Mais il ne vous aura pas échappé que ces informations sont presque toutes puisées à la même source et que cela peut paraître sujet à caution. Or, comme il ne vous a pas échappé que de plus en plus les grandes fonctions urbaines (transports publics, éclairage public, chauffage urbain, réseau de chaleur, traitements des déchets, etc…) étaient déjà devenu une chasse gardée de quelques grands groupes aux services polymorphes, il est à craindre que les petits pionniers sympathiques fassent bientôt place aux « gens sérieux » et que les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous ayons les mêmes tendances qui se développent avec en plus ici les circonstances aggravantes que représentent la façon dont
sont gérées et contrôlées par les pouvoirs publics, les délégations de service publics dans les services publics sus-mentionnés.

 

3°) et pendant ce temps-là dans le nucléaire….

L’Iran discute avec Moscou pour construire une 2e centrale nucléaire . Une puissance pétrolière qui s’équipe en centrale nucléaire, voilà des dirigeants bien prévoyants..ou peut-être bien informé sur la réalité des ressources en hydrocarbure de la planète [malgré l’Eldorado du BitcherLand ?]. Jusqu’à présent, les Iraniens n’ont qu’une « petite » centrale, 1GW, alors pourquoi en faire une histoire ? Parce que… [le reste est encore couvert par le « secret défense »]

ET qui ira leur jeter la première pierre ? Sûrement pas notre président qui a fait un discours très convaincu à défaut d’être convaincant devant les Nations-Unis

66e AGNU : « Qui pourra dire qu’avec les besoins sans précédent d’énergie dans le monde, nous pourrons nous passer de l’énergie nucléaire ? »

« Nicolas Sarkozy participe à la réunion de haut niveau sur la sûreté et la sécurité nucléaires, 6 mois après la catastrophe de Fukushima. La France milite pour que chaque pays puisse accéder au nucléaire civil, qui est la seule énergie nous permettant d’honorer nos engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Retrouvez les propositions du Président en faveur du développement d’une filière nucléaire sûre »

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/reunion-sur-la-surete-et-la-securite-nucleaires.12054.html

 

Aussitôt relayé par le Haut Commissaire à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (Si, si, ça existe sous ce nom-là) qui affirmait dans le quotidien de référence d’une certaine frange de l’opinion :
« Sans le nucléaire la facture énergétique exploserait dans des proportions sans précédent. » et de rajouter un peu plus loin « Pour ce qui est de la France, dont le parc nucléaire est plus de trois fois plus important que le parc allemand, je crois qu’à ce stade, aucun chiffre ne peut raisonnablement être avancé, car les ressources de substitution ne sont pas les mêmes. »

Certes l’Allemagne paye sont électricité deux fois plus cher,  mais cela ne l’empêche pas de dégager 80 milliards d’excédents commerciaux, là on nous avons 75 milliards de déficits et  l’Allemagne a déjà plus de 20% de son énergie qui provient de sources renouvelables alors que nous devons user d’artifices juridiques pour repousser encore un peu plus l’échéance du seuil de 10%

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