La jeunesse est universelle éternelle et belle quand elle est rebelle

Aux Etats-Unis, les « indignés » défient Wall Street

Une fois de plus les journalistes, par paresse intellectuelle, travestissent un peu la réalité. Contrairement aux jeunes Espagnols qui ont repris volontiers à leur compte le mot d’ordre de Stéphane Hessel, à aucun moment les jeunes , et moins jeunes, Américains ne se
sont appelés « les indignés » ou si vous préférez « the outraged ».

Non ils s’appellent « Occupy Wall Street » et ça fait toute la différence et ça explique pourquoi 700 d’entre eux ont été très rapidement arrêtés par la police new-yorkaise. En effet, en désignant la cible, ils identifient l’ennemi, la cause de tous leurs maux, c’est à dire qu’ils ont maintenant dépasser le stade de l’indignation pour entre dans la révolte, dans
la rébellion contre un système dont ils nous disent qu’ils n’en veulent plus.

Et pour autant, ces jeunes Etats-Uniens se reconnaissent une filiation avec les foules du printemps arabe et les jeunes « indignados » parce qu’ils savent bien que ce sont ceux
de cette génération, la leur, qui payent et vont payer le plus lourd tribut au brutal appauvrissement des sociétés euro-américaines qui s’annonce.

Les commentateurs français ont  bêtement voulu faire un parallèle avec la jeunesse française qui, dans le même temps que les jeunes d’Outre-Atlantique tentaient de bloquer le pont de Brooklyn, saccageaient des collèges dans le Nord de la France et en banlieue parisienne, au prétexte futile qu’ils avaient entendu dire qu’on allait leur sucrer un mois
des grandes vacances et montraient ainsi à quel point notre jeunesse héxagonale était démobilisée. Qu’une rumeur aussi absurde ait déclenché une réaction aussi irrationnelle laisse penser au contraire que ces jeunes sont au contraire très réactifs mais pour l’instant plus irrités qu’indignés par les conditions dans lesquelles ils ont été accueillis dans les établissements scolaires. L’étoupe est un matériau filandreux et sans consistance mais peut s’enflammer à une vitesse sidérante. Attention à la moindre étincelle!

Donc chacune à sa façon et pour des raisons différentes, les jeunesses de pays aussi divers se manifestent pour dire aux générations qui les ont précédées que la société qu’elles leur
proposent ne leur convient plus ou ne le convient pas encore, et ceux qui sauront leur parler de leur avenir en des termes qu’ils puissent croire, cette irritation, cette indignation et cette rébellion sont sûrs de trouver là une énergie qui ailleurs n’existe peut-être plus.

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