Brèves de compteur n° 34

Les grandes manœuvres autour de l’éolien offshore

A tous les niveaux on est à la manœuvre depuis l’annonce  de l’appel d’offre à 3GW sur l’éolien offshore.

A la manœuvre d’abord pour muscler les états-majors et les entreprises qui se sont regroupées pour l’instant en deux grands consortiums franco-français recrutent à tour de bras des grosses têtes mais surtout des gros carnets d’adresses pour se placer idéalement dans la perspective du sprint final

A la manœuvre également, les grands ports français car vu la taille des équipements, il est hors de question que ce soient construits et assemblés loin du littoral . Tous les grands ports du Littoral de l’Atlantique et de la Manche se positionnent : Dunkerque, Le Havre, Cherbourg, Brest, Nantes-Saint-Nazaire, Bordeaux. Et pour cause, avec la construction des turbines, des pales et des mâts, ce sont là des compétences qui ont beaucoup à voir avec la chaudronnerie et la construction navale en acier. Quelques milliers d’emplois par les temps qui courent, ce n’est pas du luxe.

A la manœuvre aussi, les associations dite de défense de l’environnement et des paysages rassemblée dans une fédération de l’environnement durable (sic !) qui fortes d’une guerre d’usure qu’elles mènent jusqu’à présent contre un projet sur le littoral normand, espèrent bien faire capoter  cet appel d’offre. Notons qu’elles s’en prennent aussi à  l’éolien terrestre.

Avec l’éolien offshore, on sent bien qu’on est en train de changer d’échelle et qu’on passe de la phase artisano-romantique à la phase industrialo-réaliste. Ce n’est peut-être pas qu’un changement de modèle économique, c’est peut-être aussi une voie qui se ferme à ceux qui pensaient que le développement des énergies renouvelables étaient une opportunité de penser autrement l’architecture de nos réseaux de production et de diffusion de l’énergie. L’arrivée en force des groupes industriels et derrière eux des groupes financiers qui les possèdent modifie en effet sensiblement la donne puisque à la logique de l’économie de ressources et de développement local (ou endogène) va se substituer la logique, inhérente à l’économie capitaliste, du toujours plus.

Les énergies renouvelables en Bretagne

Fin août, une grande hydrolienne devait être mise à l’eau au large de Bréhat (mais comme toute expérimentation, cette mise a l’eau a connu des aléas), préfigurant la création du premier parc hydrolien français. Rappelons que l’hydrolienne , c’est un peu come une éolienne sauf qu’on remplace le flux d’air par le flux d’eau. Compte tenu des courants  sur le littoral breton, il s’agit là d’un gisement intéressant. A terme, une installation de ce type devrait produire 2 MW, soit 1/6 d’une ferme éolienne moyenne. C’est peu mais c’est un début.

Il convient de rappeler qu’il existe déjà une expérience un peu similaire depuis plus d’un an au large d’Ouessant. Le projet est de plus petite taille mais pourrait convenir pour assurer l’autonomie énergétique des iles.

Avec le projet de ferme éolienne offshore dans la baie de Saint-Brieuc, dans le cadre de l’appel d’offre à 3 GW, et d’autres projets encore dans les cartons concernant l’énergie des vagues ou les propriétés énergétiques des échanges entre milieux salins et eaux douces, il y a donc là des raisons « raisonnables » de penser que la Bretagne peut améliorer rapidement son bilan énergétique.

Si en plus les Bretons continuent à se monter aussi volontaires dans leur efforts pour discipliner leur consommation d’énergie d’origine électrique, on peut raisonnablement penser que le projet de centrale électrique à cycle combiné gaz prévu dans la région brestoise devient moins nécessaire et que les habitants et les élus de ces communes ont raison de demander qu’on se hâte de ne pas décider à la légère. Et pourtant,  malgré cela, le préfet persiste et signe dans sa volonté d’aller au bout de la procédure d’enquête publique.

Le pic pétrolier : se faire peur ou se rassurer ?

En admettant la possibilité d’une apogée de la production de pétrole (en Anglais le Peak oil) d’ici 10 ou 20 ans, le gouverneur saoudien de l’OPEP s’amuse-t-il à se faire peur ou cherche-t-il à se rassurer ? Si on écoute les discours habituels du lobby pétrolier, on aurait tendance à penser qu’il a voulu se donner un petit frisson de trouille. Mais si on regarde la réalité des faits et notamment l’incapacité actuelle des grands pays producteurs à faire face à la défaillance passagère de certains producteurs comme la Lybie et encore dans une certaine mesure l’Irak, on peut penser au contraire qu’il essaie de se rassurer sur la solidité de la rente qui le fait vivre.

Total persiste et signe

Manifestement Total a mal digéré la loi, pourtant bien légère et digeste, interdisant les recherches et a fortiori l’exploitation de gisements de gaz de schiste. La société pétrolière a en effet annoncé son intention de poursuivre ses recherches dans le Sud-Ouest où elle a des permis d’explorer pour 5 ans encore. Seul bémol, elle n’utilisera pas la technique dite de fracturation hydraulique. Si elle a trouvé un procédé totalement non-intrusif, ce serait déjà une première victoire pour ceux qui se sont opposés à ce saccage programmé des territoires. Mais cela ne résoudra pas tous les problèmes pour autant : reste encore sur la table, la question de la production d’énergie fossile dont la combustion génère des gaz à effet de serre, reste aussi sur la table cette vilaine manie qu’a la race humaine à piller les ressources de la Terre sans trop se poser la question de savoir combien de temps il avait fallu pour les constituer. Ces questions sont les questions de fond du débat qui devra bien avoir lieu un jour ou l’autre sur la politique énergétique de la France.

Mais cet acharnement de Total à vouloir coûte que coûte rentabiliser son permis exclusif d’exploiter semble également montrer que du côté de cette entreprise au moins, on est persuadé que le peak oil approche et qu’il faut dare-dare engranger avant de passer à autre chose. Et le autre chose, c’est par exemple le solaire où Total investit massivement. Mais ceci est une autre histoire.

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