Venelle des entrepreneurs n° 7

La vie des cadres : « l’argent ne fait pas le bonheur »

Cet adage bien connu ne se vérifie pas tous les jours quand on regarde la hargne avec laquelle certains s’échinent à en gagner un maximum en un minimum de temps. Je n’exclus cependant pas l’hypothèse que les traders soient les derniers desperados et que pour eux, spéculer est devenu la forme la plus élégante de la roulette russe et du « No future » réunis.

Mais ce n’est pas pour vous parler de ces « Unhappy fews » que je ressors cet adage éculé mais plus prosaïquement pour vous parler des cadres, les cadres lambda, ce qui forme le ventre mou de la classe moyenne. En effet, sur un site ami, j’ai trouvé cet article

http://demetentreprises.wordpress.com/2011/09/08/les-cadres-depriment/

qui n’avait pas plus attiré que cela mon attention, jusqu’à ce que je lise ce titre dans un journal à diffusion nationale

« En 2010, près d’un cadre sur deux a été augmenté »

Selon une étude annuelle de l’Association pour l’emploi des cadres ( Apec ) publiée jeudi, 48 % des cadres ont bénéficié d’une augmentation de salaire. Une proportion proche de celle observée en 2008 (51 %).

Il faut dire qu’entre les deux, il s’est passé 6 mois et que notre cadre, qui avait placé cette maigre augmentation sur un compte en actions, parce que ça fait cadre, a déjà perdu plus qu’il n’a gagné et en plus qu’il n’est pas sûr que demain, on ne lui arrache pas d’une main ce qu’on lui avait chichement octroyé de l’autre. Peut-être, aurait-il été plus judicieux d’accepter les « marques de reconnaissance non monétaires » que lui proposait son patron. Il continuerait à faire de l’humanitaire pour le compte de sa boîte, en serait fier mais hélas, il n’aurait plus de budget pour la fondation d’entreprise dont il avait, insigne honneur, la charge. Et pour le coup, il déprimerait aussi. No future ! Vous dis-je.

Harmonisation fiscale

Déclaration à l’emporte-pièce du ministre belge des finances : « Les pays du Benelux devraient rejoindre l’initiative franco-allemande visant à créer un impôt sur les société commun et harmonisé. » On voit que les ministres belges ne sont plus vraiment des ministres puisqu’ils siègent dans un gouvernement qui n’est plus un gouvernement. En effet, de deux choses l’une soit il a oublié la signification du sigle Benelux, soit il a des arrière-pensées pour le jour où il y aura réellement un gouvernement en Belgique et dont il ne sera pas. On ne demande pas à un paradis fiscal, le Luxembourg et à un purgatoire (presque le paradis pour ceux qui ont raté les cours de catéchisme) fiscal, les Pays-Bas de s’aligner sur les taux « confiscatoires » français ou « dissuasifs »  allemands 

Titre repris dans la presse ces jours-ci  « Le bénéfice mondial consolidé disparaît sans trop de fracas ». Malgré les dénégations de certains, on s’en doutait un peu. D’une part, comme on a fait trainer un peu le dossier, cela a laissé le temps aux nuées de conseillers fiscaux de trouver une réponse harmonisée et d’ailleurs le plus gros bénéficiaire de cette largesse fiscale (à ce niveau, on ne parle plus de niche mais de villégiature fiscale : 500 millions à se partager à 7 entreprises) avait montré la voie en renonçant à ce privilège devenu inutile. D’autre part, quand on a compris comment fonctionnait la plupart de ces groupes, il suffit de jouer habilement sur la répartition de la valeur et sur les prix de cession interne au groupe de tête pour optimiser son impôt sur les sociétés. Par exemple, en générant « comptablement » le maximum de valeur …aux Pays bas ou au Luxembourg.

La saga de la TVA sur les taxes carbone va alimenter la chronique judiciaro-économique pendant quelques temps alors que s’ouvre le premier d’une série de procès pour fraude fiscale. C’est le principe simple du « carrousel » appliqué  à la TVA sur les crédits carbone. Quelle idée aussi d’aller coller une TVA sur ce qui est en fait une forme de taxe sur le droit à polluer. Déjà que le principe même d’organiser un marché sur quelque chose qu’on mesure et chiffre très mal, c’était un peu limite mais en plus y ajouter une taxe dont on sait qu’elle alimente les systèmes les plus mafieux qu’ait pu générer la création européenne, cela relevait du masochisme fiscal. Résultat : la fraude porte sur plus de 2 milliards d’Euros.

Le plus drôle dans cette histoire de fraude c’est la façon dont les États ont réagi : ils ont longtemps réagi mollement (pourquoi ?) et quand ils se sont décidés à le faire, la réaction a été brutale : on a supprimé illico….la TVA. Ilfallait y penser : pour lutter contre la fraude fiscale, il suffit de supprimer l’impôt. Même Colomb (et son œuf) n’y aurait pas pensé. Mais plus sérieusement, cette affaire rocambolesque qui jette un voile de suspicion sur un marché qui n’en avait vraiment pas besoin, nous rappelle que l’urgence en matière d’harmonisation fiscale serait peut-être d’instituer une TVA communautaire ou chaque État pourrait être collecteur pour le compte de tiers .On peut en effet faire plus confiance aux États qu’à d’autres pour ne pas se truander dans les péréquations fiscales que cela supposerait.

 

La transition écologique de l’économie

C’est le cheval de bataille de certains dans la perspective des prochaines échéances électorales. Ces certains ont parfois du mal à se montrer persuasifs et sont renvoyés à une image de « décroissants » voire de « néolithiques ». Et pourtant, il s’agit bien de la réalité de demain et même de la pointe la plus aigue de notre innovation, les fleurons de demain, en tout cas, nos plus fermes espoirs. Je veux parler des pôles de compétitivité

http://www.greenunivers.com/2011/08/les-poles-de-competitivite-font-une-rentree-verte-62164/

C’est d’ailleurs aussi l’opinion du gouvernement actuel puisque, dans un article publié sur le site du Premier Ministre, les deux ministres qui se partagent ce dossier, celle qui a un nom imprononçable et celui dont j’ai oublié jusqu’au nom, en font une large promotion

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/une-nouvelle-etape-dans-le-developpement-des-eco-industries

Une nouvelle étape dans le développement des éco-industries

Certes, quand on y regarde de plus près, cet inventaire, c’est un peu du Prévert, c’est beaucoup du presque vert, c’est très peu du très vert. L’anecdotique y côtoie la réelle perspective de développement. Mais enfin cela a le mérite d’exister.

Le seul défaut, c’est qu’il ne suffit pas de faire le constat que cela peut prospérer, il faut faire en sorte que cela prospère. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Il suffit de voir comment les pôles de compétitivité ne sont pas soutenus et comment on a orienté le programme d’investissement d’avenir.

Nobody is perfect !

 

Le Lion est toujours le roi des animaux 

La plupart des grands distributeurs ont été assignés par l’État devant diverses juridictions pour « clauses abusives ». Il faut dire que les PME françaises, mais pas qu’elles souffrent énormément des conditions que leur impose ce qu’on appelle la grande distribution.

Ce n’est pas par grandeur d’âme que le gouvernement français a ainsi lancé une grande offensive mais parce qu’à la clé il y a l’avenir de dizaines de milliers d’emplois. Bien en a pris au gouvernement puisqu’il vient de faire condamner, à Lille, c’est-à-dire sur ses terres, l’un de ces grands dela distribution. Certesl’amende peut paraître symbolique eu égard aux enjeux (1 millions d’€uros) mais cela rappelle à ces grands groupes que la notion de clauses léonines n’est pas une fiction juridique.

Le lion est certes le roi des animaux mais de temps en temps, il est bon de le mettre en cage !

 

Une balance mal balancée 

En matière de commerce extérieur, la France est en train de toucher le fond. Manifestement, cela n’émeut pas trop le ministre en charge de cette question d’annoncer devant la commission des finances de l’Assemblée Nationale que le déficit commercial de la France va atteindre 75 milliards d’€uros en 2011 c’est-à-dire environ 3.75% du PIB. Le pire dans cette histoire est que contrairement à ce qu’il affirme, cette détérioration du solde commercial n’est pas due uniquement à la défaillance de nos exportateurs. En effet, la France reste encore un grand pays exportateur. Classé 5° pays exportateur avec 4.4% du commerce mondial en 2005, la France est encore 6° exportateur mondial avec 3.9% du commerce mondial (Source OMC). Le malheur est que dans le même temps, la France qui était le 6° importateur mondial avec 4.4% du commerce mondial est devenu le 4° importateur mondial, toujours avec 4.4% du commerce mondial, dépassant en moins de 5 ans le Royaume Uni et le Japon (source OMC également). Les importations d’énergie et le cours de l’Euro ont bon dos en la matière mais il ne faudrait pas oublier non plus les stratégies de répartition de la chaîne de valeur de nos plus grandes entreprises, le plus bel exemple étant la filière automobile qui d’exportatrice nettement positive il y a encore 10 ans est devenu importatrice nette. Certes, on peut toujours comme l’a fait le ministre en question, ressortir les vieilles recettes pour développer les exportations comme des opérations de portage à l’export de PME par des grands groupes, cela ne peut pas faire de mal. Mais cela fait maintenant plus de 25 ans qu’on en parle et que les ministres successifs se sont tous targués d’avoir l’accord des plus grands groupes. On peut aussi appeler de ses vœux la création d’un tissu de grosses PME à l’allemande ou à l’italienne, capables d’aller se battre, toutes seules,  sur des niches d’excellence, sans attendre qu’une visite ministérielle, voire présidentielle permette le déblocage de la « commande du siècle » qui d’un coup d’un seul remplit le carnet de commande.  Mais tant que ces grands groupes trouveront plus judicieux pour leur « chaînes de valeur » d’importer que de produire, les aides à l’export seront un eternel tonneau des Danaïdes. Et là le ministre en question n’a peut-être pas tort d’évoquer la piste d’un « octroi d’une assurance crédit à ces grands groupes lié à un engagement à produire et à créer des emplois en France ». Il aurait même pu étendre cette aide conditionnelle à toutes les entreprises exportatrices : les PME, même les plus grosses d’entre elles, pratiquant moins systématiquement la division internationale du travail ne seraient pas ou peu pénalisées. Mieux même, les couvertures crédits ainsi récupérées pourraient être accordées plus facilement aux entreprises qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire celles qui pour l’instant manquent dans notre panoplie

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