Ce n’est pas les premiers jours qu’une révolution est violente

Une fois n’est pas coutume mais je vais me départir de mon habituelle légèreté pour aborder gravement un sujet grave

Ce n’est pas les premiers jours que les révolutions sont les plus violentes : nous en
savons quelque chose en France. Le 14 juillet a fait très peu de victimes, la Nuit du 4 août, aucune. Les choses ont commencé à se gâter en Septembre puis il y a les révoltes en Vendée, en Bretagne et en Provence, les colonnes infernales, les guillotines à Lyon à Nantes et ailleurs et la Terreur avant qu’enfin les choses se calment un peu.

A voir ce qui se passe dans l’Etat nouvellement créé du Soudan du Sud (déjà plus de 600 morts dans des guerres tribales), à écouter ce qui se prépare en Lybie, on a l’impression que l’Histoire est un perpétuel recommencement et que les peuples sont incapables d’apprendre des autres peuples.

Malgré les bruits alarmistes en provenance de Tunis ou du Caire, on peut cependant espérer que la situation peut encore évoluer en douceur, un peu sur le modèle de la Révolution de velours à Prague ou de transition démocratique comme dans les pays baltes, en Hongrie ou en Pologne.

Nos diplomates ont raison de dire que le jour le plus important ne sera pas la chute de Tripoli mais le jour d’après. Les pays européens, qui sont ici en première ligne comme ils ont dû l’être en 1989-1990 dans la partie orientale du continent, ont une responsabilité que pour le coup on peut réellement qualifier d’historique dans la réussite de cette transition.
A eux de démontrer qu’un citoyen libre au-delà de la Méditerranée a autant d’importance qu’un citoyen libre au-delà du « rideau de fer ».

Dans ce contexte, la démarche de réforme constitutionnelle initiée par le Roi du Maroc a une valeur symbolique. Si elle réussit et va jusqu’au bout du processus, cela donnera de l’espoir à d’autres peuples dans d’autres monarchies comme en 1830, la création d’une royauté constitutionnelle en Belgique ouvrit la voie à d’autres mouvements politiques ailleurs en Europe.
Si cela échoue ou ne va pas jusqu’au bout du processus, je  plains le peuple marocain. Nous en serons plus le soir du 23 novembre 2011

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