Vers une nuit du 24 août ?

*Un appel de 16 dirigeants français le 23 août

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110823.OBS8954/exclusif-l-appel-de-tres-riches-francais-taxez-nous.html

*Des fuites organisées à partir de Bercy depuis quelques jours

*Pas un candidat de la droite et du centre qui n’entonne la même antienne !

*Il n’est pas jusqu’au MEDEF qui concèdent que les grandes entreprises ont « des marges de manœuvre »

Cela sent le mouvement organisé qui converge vers le 24 août

 Et ce mouvement n’est pas que national :

Warren Buffet le réclame à cor et à cri depuis 15 jours,

Berlusconi l’a mis  en œuvre au début du mois d’août

Bref c’est un mouvement général : « Nous voulons payer plus d’impôt. » crient unanimement les riches de la planète.

Pour autant est-on à la veille d’une nouvelle nuit du 4 août ?

Rappelons quand même les faits

1°. C’est mû par la trouille que la noblesse suivie avec plus de réticence par le clergé commença de proposer de renoncer à certains de ses avantages. Il y avait de quoi : de tous les coins de la province remontait les mêmes bruits de saccages de châteaux, de pillages de gentilhommière, de Jacqueries en somme.

2°. Et une fois que le mouvement était lancé, la surenchère a fait le reste : « tu me supprimes mon droit de chasse, je te supprime tes dîmes. Etc. »

3°. Il fallu attendre 3 mois pour que le Roi promulgue les décrets et 4 ans pour que les privilèges féodaux soient définitivement abolis

Une nuit qui dure 4 ans, c’est plus qu’un hiver boréal !

Aujourd’hui qu’en est-il ?

Ont-ils des raisons d’avoir peur, ceux qui se gobèrgent ? Pas immédiatement. Pour l’instant les feux brûlent à la périphérie mais le centre au pire est « indigné » par encore
révolté ? Donc ils n’ont pas le couteau sur la gorge. Alors, pourquoi le font-ils ? Habitués à penser la stratégie[MdlJ1] , ils jouent avec deux ou trois coups d’avance et comme il n’est pas impossible que nous replongions bientôt dans la crise aigue, il n’est pas certain que le centre à son tour ne commence à bouger. Il vaut donc mieux traiter cela à froid. En effet, cela évite les décisions précipitées et les surenchères pour sauver sa peau.

Cela permet surtout de faire « spontanément des propositions « a minima » qui apparaissent comme autant d’abandons puisqu’elles sont spontanées.

Et ces « abandons » n’ont rien d’une abolition des privilèges :

Une tranche de l’IRPP à 46% ? Vous parlez d’un sacrifice !

Une surtaxe de 4% au-dessus de 1 millions d’Euros ? Quel abandon surtout quand c’est limité à 3 ans !

Sur ce point au moins l’appel des « taxez-nous » est explicite : « Cette contribution serait calculée dans des proportions raisonnables, dans le souci d’éviter les effets économiques indésirables tels que la fuite des capitaux ou l’accroissement de l’évasion fiscale. »

On ne sait pas comment Barack Obama va prendre en compte la proposition de Warren Buffet mais rappelons qu’au moment de la Grande Dépression F D Roosevelt n’y avait pas été avec le dos de la cuiller dans la taxation des tranches élevées de revenus, à des taux qui même en France nous paraitrait confiscatoires. Par contre,  on peut penser que comme il y a convergence sur la question, les propositions faites par les dirigeants de la droite et du centre vont trouver un écho gouvernemental mais une chose est sûre, ce ne sera pas une « Nuit du 4 août » et ce pour plusieurs raisons :

La plupart des mesures sont provisoires. Or une abolition provisoire n’est pas une abolition.

L’abandon est minime

Et surtout, on ne touche pas aux privilèges. Car le véritable privilège, ce n’est pas de payer 46% d’IRPP, ni même 50% d’IRPP au-delà de 83.334 €uros de revenu mensuel,

 Non, le véritable privilège, c’est de pouvoir payer (cher) une armada de conseillers fiscaux, qui permettent de payer en réalité moins d’impôt en pourcentage que le vulgaire cadre supérieur de la fonction publique.

Non, le véritable privilège, c’est de payer moins d’impôt sur les revenus des placements financiers grâce à un système de prélèvement forfaitaire particulièrement avantageux que n’en paye sur le même revenu le vulgaire cadre supérieur du secteur privé

Non le véritable privilège, c’est de pouvoir organiser avec la complicité active de filiales françaises de banques étrangères (pour rester pudique), des formes d’évasion fiscale qui sont encore plus efficaces que ce qui précède.

 

Pour une « nuit du  4 août fiscal », il faudra donc encore attendre!


 [MdlJ1]Ce
que n’était plus depuis longtemps la majorité de la noblesse française de la
fin du 18° siècle

 

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