venelle des entrepreneurs n°4

L’artisanat du bâtiment se porte bien, du moins si on en croit la CAPEB : +2.5% au deuxième trimestre après +1.5% au premier, les artisans voient l’avenir avec un optimisme raisonné puisque le secteur espère une progression de son activité de 2.9%. Cela est dû autant aux constructions neuves qu’aux travaux d’amélioration de l’habitat. L’amélioration de l’habitat et notamment une meilleure performance environnementale globale des bâtiments,  c’est justement une des pistes que certains explorent pour espérer réorienter l’économie vers la création d’emploi. Las ! manque de perspectives ou manque d’ambition ou trop grande rigidité du marché du travail, malgré d’aussi belles perspectives, seuls 10% des chefs d’entreprises envisagent d’embaucher au cours du second trimestre. On leur souhaite quand même un peu de courage : déjà qu’il est difficile sur les emplois traditionnels du bâtiment de recruter mais si en plus ils se lancent dans les nouveaux métiers, je ne suis pas sûr que l’appareil de formation professionnelle peut déjà fournir ces nouvelles compétences!

Le télétravail a du mal à se développer en France : c’est du moins ce que nous dit ce ministre dont j’ai oublié jusqu’au nom et qui a en charge à la fois l’industrie et l’économie numérique et c’est pourquoi il a décidé de lancer une grande étude (auprès de 10 entreprises !) pour comprendre pourquoi cela ne marche pas chez nous. C’est vrai que nos 9% de télétravailleurs font un peu pâle figure par rapport aux 18% européens et au
30% scandinaves. On se perd en conjecture sur ce retard. Ce ne peut pas être un retard d’équipement : notre pays est plutôt pas mal câblé. Est-ce à cause de la convivialité irremplaçable de nos lieux de travail ? On s’en serait rendu compte à force.

Notons toutefois qu’il existe de professions qui pratiquent déjà largement le télétravail ou si vous préférez le travail à la maison. Ainsi des enseignants, ainsi de certains magistrats des trois ordres (judiciaire, administratif et financier). Mais ceux-ci, on a de cesse de
les faire revenir sur le lieu de travail. Ce sont les conseillers de TA à qui on propose des bureaux , de même qu’aux conseillers des chambres régionales des comptes, ce sont les enseignants qu’on veut voir revenir dans les écoles, les collèges et les lycées. Non pas parce qu’ils y seront plus efficaces mais parce qu’au moins là, on est sûr qu’ils travailleront. Et si l’explication de ce retard français n’était pas tout simplement là, dans cette méfiance recuite qui fait le quotidien des relations sociales dans l’entreprise et hors de l’entreprise. Du coup, je ne suis pas certain que c’est avec une étude que E.B. (ça y est j’ai retrouvé son nom !) arrivera à mettre le télétravail sur de bon rail, ou alors il faudra de sérieux adjuvants

Les PME payent plus d’IS que les grands groupes : cette information n’est pas vraiment un scoop mais quand elle est donnée de manière officielle dans un rapport parlementaire et confirmé par l’opposition, on a tendance à y croire. Quasiment au taux officiel pour les PME qui n’ont pas beaucoup de possibilité de finasser avec les règles fiscales, le taux moyen réel tombe à 13% pour les grands groupes, à 8% même pour les entreprises du CAC 40 et 0% pour la première entreprise de France par son chiffre d’affaires et sa capitalisation boursière. S’il ne fallait qu’une justification pour détruire
les niches fiscales, là voilà. Hélas, il semblerait que cette niche soit gardéepar des chiens féroces. On apprécie pourtant à sa juste valeur l’effort fait par la présidente du MEDEF pour allumer un contre-feu en proposant de réduire les inégalités entre entreprises par la diminution du taux moyen d’imposition. Le manque à gagner lié à ces petites gâteries que les fiscalistes dénichent pour ces grandes entreprises est estimé à 5 milliards par le rapporteur général du budget. Ce n’est donc pas une paille. Et malgré cela, Bercy nous dit que depuis le début de l’année, l’IS a globalement rapporté 60% de plus que l’an dernier. Ce n’est pas grâce à Total en tout cas, dont l’IS est resté inchangé (0 €uro) malgré un bénéfice en hausse.

Le déficit commercial de la France s’est encore creusé en mai : cela fait maintenant si longtemps que cela existe qu’on n’y fait presque plus attention. Sauf qu’avec un déficit en hausse de 20% sur les douze derniers mois, on commence à friser la correctionnelle. La balance des paiements est devenue négative. France : le déficit des paiements courants s’est creusé en mai à 5,5 milliards d’€ après 5,0 milliards en avril,
en raison notamment de l’augmentation du déficit des échanges de biens. Une telle hémorragie ne peut être supportée longtemps par aucun pays sauf  s’il fabrique sa propre monnaie. Face à cette menace létale, il est urgent de trouver la clé des marchés extérieurs. On ne pourra pas éternellement compter sur les « commandes record » d’Airbus.

 

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