pour une entreprise progressiste

Démocratie & Entreprises organisait le 11 mai (parce que le 10 mai était déjà pris par autre chose) une de ces soirées débats dont elle a le secret :

http://demetentreprises.wordpress.com/2011/04/28/pour-une-vision-progressiste-de-l%e2%80%99entreprise/

Les débats furent d’une grande qualité et voici le compte rendu synthètique que j’en ai fait :

 »

Démocratie & Entreprises

Soirée débat du 11 mai 2011

Pour une vision progressiste de l’entreprise

Avec Marc DELUZET

 

A partir des constats simples suivants :

1°) Avoir des pratiques sociales développées n’est pas antinomique avec la compétitivité

2°) L’entreprise n’est plus un monde clos. La société a fait irruption dans l’entreprise et pèse de plus en plus sur ses choix.

On est en droit de se poser la question suivante sous ces deux formes :

« Est-ce que le profit permet de faire, en plus, du social ou de l’environnemental ? »

 ou

« Est-ce que l’investissement social et environnemental est ce qui va permettre de faire du profit ? »

 

De là découle une vision progressiste de l’entreprise  qui repose sur deux piliers :

1°) les objectifs de l’entreprise ne peuvent plus être que financiers ou commerciaux, ils sont aussi sociaux, sociétaux et environnementaux

2°)il faut développer les leviers de démocratie, c’est-à-dire au minimum élargir le champ de compétence des représentants des salariés aux sujets de RSE mais aussi de sous-traitance, c’est-à-dire également ne pas s’interdire de voir des représentants de la société civile et/ou des collectivités locales faire leur entrée dans les instances décisionnelles des entreprises

En deux mots, on vient de définir une nouvelle forme de gouvernance des entreprises.

Et ceci peut se décliner sous de nombreux angles ; c’est ce qu’a fait Marc Deluzet pour illustrer son propos, en insistant plus sur le développement d’objectifs sociaux, les objectifs environnementaux,  étant à son avis déjà plus largement pris en compte par les entreprises, suite notamment au Grenelle de l’Environnement .

Parmi les objectifs à mettre de l’avant, on retrouve :

La souffrance au travail ou par antinomie le bien-être au travail

Le développement humain à commencer par le développement des compétences et faire du coup de la formation un indicateur de la performance manageriale

La promotion de la diversité sous toutes ses formes

L’intérêt de ses objectifs réside en ceci : en les poursuivant, l’entreprise, en fait, améliore sa compétitivité globale à moyen et long terme.

 

Lors du débat qui a suivi, les points suivants ont été abordés :

Il sera nécessaire d’adapter ce raisonnement à la réalité de l’immense majorité des entreprises française qui sont des PME voir plutôt des TPE

Les relations des grands groupes français avec leurs réseaux de sous-traitants sont exécrables

Nous avons un problème culturel majeur à régler : c’est notre vision monarchique du  pouvoir dans l’entreprise.

La crise est devant nous, elle est largement financière, ce qui obère un peu nos perspectives de développement

La performance globale de l’entreprise est multidimensionnelle et sa réalisation suppose le développement de stratégies complémentaires (coercitive, incitative et promotionnelle) visant toute à développer la mobilisation des salariés qui y travaillent (donner du sens au travail, apporter quelques motivations matérielles, développer la responsabilisation)

La promotion de nouvelles formes d’entreprise : l’entreprise équitable, la sociocratie dans laquelle les salariés ont obligatoirement 49% du capital.

En conclusion,  les PME sont plombées comme les grands groupes par le désamour des Français pour leur entreprises mais dans la mesure où les questions ne se posent pas dans les mêmes termes ( la question du sens du travail n’a pas de sens en PME), on peut avoir une approche différente de ce qu’est une vision progressiste de l’entreprise dans les PME.

A court terme, les objectifs de développement immédiats pourraient être :

L’élévation de la compétence des salariés dans l’entreprise

Faire des entreprises des organisations « apprenantes », endo-formatives dirons nous pour faire savant. »

 C’est avec ce genre de débat qu’on fera sûrement bouger les lignes de l’organisation économique de notre pays et qu’on donnera de la vigueur aux PME que l’on dit anémiées et de la rigueur aux plus grosses entrepises que l’on dit sclérosées.

Faut-il passer par la voie institutionnelle et imposer celà par la loi? Ou faut-il soutenir plus efficacement et plus concrètement ceux  qui, dans ce monde grouillant de vie des chefs d’entreprises , sont dans ces dispositions d’esprit?

Reformer par le haut, réformer par le bas, j’ai envie de dire, peu importe et peut-être que les deux sont nécessaire simultanément mais ce qui est sûr c’est qu’à un moment le pouvoir politique doit impulser le mouvement. C’est pourquoi ce serait bien que l’entreprise comme on la veut et comme on la pense soit un sujet du débat politique des douze prochains mois.

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