Ça se passe ailleurs hélas ! …Hélas ?

1°) Un accord est intervenu entre le Parlement et la commission sur les règles de transparence des lobbyistes avec comme clé de voute un registre de transparence

Le code de conduite annexé au registre de transparence nous en apprend de belles « en creux », par les pratiques contre lesquelles il met en garde

Les lobbyistes inscrits sur ce registre s’engagent à :

 indiquer pour qui ils travaillent et dans quels buts : c’est bien la moindre des choses puisqu’il s’agit d’un registre de TRANSPARENCE

ne pas essayer d’obtenir malhonnêtement des informations, ni à faire pression : ils peuvent par contre essayer de l’obtenir « honnêtement » et « sans faire pression ». On ne pourra donc plus les appeler « groupes de pression » ? Pour ce qui est de la malhonnêteté, il suffit d’avoir en tête ce qui est honnête et s’y conformer, non ?

ne pas se faire état de leurs relations avec les institutions ni laisser croire qu’ils en sont les interlocuteurs privilégiés  : cela laisserait supposer que certains sont prêts à faire passer leur inscription sur le registre de transparence pour un quasi-contrat de collaboration avec les Institutions européennes. Mais où vont-ils chercher tout ça ? Il est vrai que dans toute bonne escroquerie, plus c’est gros, moins c’est visible

fournir des informations complètes, à jour  non trompeuses « à leur connaissance » : tout est dans le « à leur connaissance ». Il est vrai que certains ne se connaissent pas eux-mêmes, à l’insu de leur plein gré

ne pas vendre à des tiers des copies de documents émanant d’une institution de l’Union : c’est vrai que de telles pratiques minent la confiance et à une époque où même les institutions publiques essayent de valoriser leur production intellectuelle, il leur est difficile d’accepter qu’un document qu’on aura donné en toute confiance puisse être monnayé. Remarquez que d’autres, qui hantent aussi les mêmes couloirs (couloir= lobby en Anglais) ne se privent pas de le faire et en font même profession en s’arrogeant parfois outrancièrement le titre d’agence de presse.

ne pas inciter les agents de l’Union à enfreindre les règles de comportement qui s’imposent à eux : Pourquoi ? Les agents, fonctionnaires, contractuels stagiaires ne disposent pas eux aussi d’un code de déontologie qui leur permettrait de résster à la tentation.

respecter les règles de confidentialité qui s’appliquent aux anciens agents de l’Union qu’ils emploieraient : Pourquoi ? Ce code de déontologie s’il existe n’explique-t-il pas que les règles déontologiques sont AUSSI et SURTOUT utiles quand on s’en va.

se conformer à toute réglementation sur les droits et responsabilité des ancien eurodéputés et anciens commissaires : compte tenu des responsabilités qu’ils ont exercé les remarques ci-dessus s’appliquent encore plus à eux qu’aux autres

informer leurs mandants des obligations qu’ils ont vis-à-vis des institutions de l’union : ça serait le bouquet, mentir d’un côté comme de l’autre. Joli métier qu’ils feraient là s’ils agissaient comme cela les lobbyistes

Malgré toutes ces imperfections et le sarcasme que ça éveille en moi, ces régles ont le mérite d’exister . Mais vous l’avez compris, ça se passe à Bruxelles Luxembourg et Strasbourg, pas à Paris. Hélas !

2°) Une dépêche d’agence nous apprend que « Confronté à des grèves systématiques depuis le début de l’année, le gouvernement a adopté un projet de loi de finances complémentaires 2011 qui relancera le pouvoir d’achat et le secteur des PME »

Hélas ! Ne vous réjouissez pas trop vite, le gouvernement en question est le gouvernement…algérien et il peut le faire parce qu’il a la rente pétrolière. Mais me direz-vous, nous ont aura bientôt la rente schisto-gazière ! Alors ?  « Hélas! »  ou…. « Tant pis! » ?

3°) En lisant une autre dépêche d’agence on apprend ceci : « Le Parlement a refusé son quitus à l’agence chargée de l’évaluation des médicaments avant leur mise sur le marché aux motifs suivants : il faut mieux gérer l’argent, les marchés publics, les hommes et les conflits d’intérêt. Il trouve également inacceptable qu’il n’y ait aucune garantie que l’évaluation des médicaments à usage humain est réalisée par des experts indépendants. La critique des parlementaires portent enfin sur le recrutement de l’ancien directeur exécutif de l’agence par un organisme qui conseille les entreprises pharmaceutiques. »

L’agence en question c’est l’Agence Européenne du Médicament (en Anglais EMA) et le Parlement en question, c’est le Parlement Européen. Pourquoi? vous pensiez à autre chose?

On a envie de dire Hélas ! Mille fois Hélas ! Mais qui donc en France contrôle démocratiquement les agences et et est en mesure de leur donner ou de leur refuser le quitus?

Vous remarquerez qu’il s’agit encore du Parlement Européen, le même qui a signé une convention sur la transparence des pratiques lobbyistes, le même aussi qui a refusé de diminuer son train de vie dans la période de disette budgétaire. La mémoire des uns  est parfois cruelle aux autres, même aux plus « vertueux »

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