Un X en vert reste un X envers… et contre tout

Dans une interview accordée à un journal confessionnel, le PDG de la SNCF trouverait normal qu’une fiscalité écologique puisse financer le ferroviaire. L’inverse, la SNCF finançant une filière écologique, aurait été surprenant de la part du très médiatique Monsieur PEPY.

Son raisonnement se tient  si on considère que comparé à la voiture individuelle, au camion « poids lourd » ou à l’avion, le train, même à très grande vitesse présente un bilan carbone par tonne-kilomètre ou par passager-kilomètre extrêmement favorable. Il n’était donc pas nécessaire d’en rajouter dans le « greenwashing » en nous parlant de « TGV de demain, à dimension humaine, de plus en plus économe en énergie, s’arrêtant dans des gares durables » . Je dois dire que la « gare durable » est une trouvaille de publicitaire particulièrement gratinée. Car du coup, la revendication écologienne devient soudain plus suspecte.

En effet, chassez le naturel, il revient au galop, et aussitôt, en bon polytechnicien, il nous dévoile ses ambitions : « Nous sommes à 320 km/heure et les Chinois à 350 km/heure. Si on veut continuer à être un leader mondial, il est difficile de ne pas exploiter la très grande vitesse. » Comme si la performance technique était la seule façon de rester leader mondial! Et le confort? Et la sécurité?Et les économies d’énergie? Ce sont peut-être des questions intéressantes à soulever et des arguments commerciaux qui permettraient à SNCF (et à toute la filière du matériel ferroviaire) de rester leader mondial . J’allais oublier un aspect : la ponctualité!

Deuxième pulsion négative du PDG de la SNCF : la pratique du yield management. En effet quand il dit dans le même interview « Cette politique nous permet aujourd’hui de proposer aux clients un Paris-Nice le dimanche à 7h30 avec des places à 22 €. En revanche, les clients ont bien intégré que les destinations les plus courues, aux horaires les plus demandés, sont plus chères. C’est comme cela dans tous les secteurs du tourisme. » Sauf que :

a) Monsieur PEPY  dirige une entreprise publique de transports publics et n on une entreprise de tourisme. Et faire payer aux contribuables les bonnes affaires des petits malins, ne l’est pas trop, malin.

b) on ne peut pas proposer des prix si bas et affirmer en même temps « Le marché, c’est à dire les clients, ne peut pas financer le ferroviaire à lui seul. »Et prétendre que la taxe carbone , une hypothétique « eurovignette » (?) ou une taxe pour les poids lourds doivent servir à compenser cela montre qu’en fin de compte, il vaut mieux ne pas mettre dans le même conseil de direction 50% d' »X » et 50% d’HEC

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