La crise nous rend plus raisonnable, parait-il ! ça reste à voir !

Comme il fallait s’y attendre, l’augmentation très forte et apparemment durable du prix des carburants rend nos concitoyens plus sobres. Mais, fichtre ! Qu’ils sont attachés à la bagnole puisque manifestement c’est le covoiturage qui profite un max de cette brutale sobriété. Il faut dire que quand vous habitez un charmant petit village, à la campagne, mais où il n’y a plus qu’un seul agriculteur, pas de pompe à essence ou alors hors de prix et que vous travaillez au chef lieu d’arrondissement à 25 kilomètres de là, il ne faut pas trop compter sur la bonne volonté de votre patron pour développer le télé-travail d’autant que dans la plupart des cas, ce n’est ni possible ni même souhaitable. Il ne faut pas trop compter sur un service de bus, déjà que le ramassage scolaire de vos marmots coûte la peau du dos au Conseil Général, si en plus il faut organiser une demi-heure plus tôt ou une demi-heure plus tard, le convoyage des parents dans la cinquantaine de zones d’activité de l’arrondissement, on ne s’en sortirait pas. Reste donc le covoiturage et là ça devient intéressant à analyser. En effet, vous avez des sites en ligne voire même carrément des plates-formes de service qui se développent selon un business plan qui reste quand même à confirmer. Il y a aussi les collectivités locales qui s’y mettent, le Conseil général du Finistère depuis déjà quelques années avec un succès très relatif, d’autres Conseils Généraux ou Communautés de Communes lui ont emboîté le pas. Espérons qu’elles s’y prendront mieux et qu’elles surferont sur cette nouvelle demande avec plus de succès. Il n’y a pas jusqu’à la SNCF qui mette cette prestation à sa panoplie…en achetant une société de service en ligne.  

Ce qui est intéressant, c’est que ce qui relevait au départ de l’échange de bons procédés entre voisins de bonne volonté est devenu soit un business soit un service public. C’est à ce genre de détail qu’on se rend compte que les tenants de la société du don contre la société de consommation ou la société administrée ont encore du boulot devant eux.

Et pourtant, si on demandait aux gens d’un même lotissement ou d’un même bourg de réfléchir ensemble à la façon de s’organiser pour aller au boulot ou faire ces courses à l’hyper du canton, je ne suis pas sûr que ce serait l’anarchie. Mais c’est vrai que nous avons été tellement habitués à ce que « le marché » ou « les pouvoirs publics » organisent et pensent pour nous que la plupart de nos contemporains se résignent à l’avance à cet état de fait.

Evidemment ce que je dis là concernant le covoiturage ne vaut que pour la province (en dehors des grandes agglomérations) et pour la lointaine banlieue. En effet dans les grandes agglomérations et dans Paris et la Petite Couronne, ce genre de débat local n’est pas envisageable, tellement il y a de combinaisons pour aller d’un endroit à un autre tous les jours ou toutes les semaines. Mais dans une certaine mesure ce n’est pas grave parce que là grâce à la densité, les transports en commun retrouve toute leur pertinence. D’ailleurs si on se limite à Paris Intra-muros, cela fait déjà un certain temps que le 4×4 n’est plus un signe extérieur de richesse (du moins pour Homo Sapiens Sapiens car pour Homo Erectus, ça va prendre plus de temps)

Il y a bien la solution d’Alphonse Allais …mais ce n’est jamais que déplacer le problème !

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