L’ESS : LA ou UNE solution pour sortir de la crise? 2/5 « small is beautiful ! » « D’accord ! Et quand t’es grand, t’es quoi ? »

Les souris et les éléphants

En 1988, un débat fameux avait eu lieu lors de l’Université d’été du CJDES autour de l’apologue proposée par Patrick Viveret sur les souris et les éléphants de l’Economie Sociale nous invitant à mettre en commun l’âme des unes avec la force des autres. Beaucoup étaient sortis de ce débat en se disant que le seul point commun entre les deux était que les deux étaient gris. A part cela, rien de commun entre l’entreprise associative d’insertion par l’économie et une grosse mutuelle d’assurance des industriels et commerçants de France. Reste quand même de ce débat l’impression que si certains sont forts (ou plutôt étaient forts, car depuis 25 ans ils ont perdu de leur superbe), ils avaient perdu leur âme en cours de route tandis que les autres sont les gardiens du temple mais au prix d’une faiblesse congénitale.

La démographie des SCOP

A cet égard, la situation des SCOP est intéressante à analyser. Elles ne sont pas très nombreuses, un peu moins de 2.000 malgré une nette progression depuis 4 ou 5 ans ; elles n’emploient pas tellement de monde : à peine un peu plus de 40.000 salariés dont 80% sont des sociétaires. C’est donc le règne de la TPE,  moins de 100 SCOP dépassent l’effectif de 100 personnes dont 1 seule dépasse les 1.000 salariés.

Difficile d’en faire un modèle pour le développement des entreprises. Et pourtant, à chaque retour de crise, le modèle SCOP revient sur la table. C’est dire le pouvoir d’évocation que ce nom a, même si depuis leur dernier congrès, les coopérateurs ne souhaitent plus faire référence au monde ouvrier, actant ainsi que les SCOP sont devenues majoritairement des entreprises de prestation de service, épousant en cela l’évolution de notre économie.

Le statut coopératif serait-il mal adapté au développement de l’entreprise ? On serait tenté de le croire au vu de ces chiffres. Il convient cependant de noter qu’à quelques exceptions près, les grosses SCOP sont soit des entreprises de bâtiment et de travaux publics, soit des organismes de formation, où le travail s’organise en chantiers et en équipes ou de façon très autonomes autour de pôle de formation géographiquement indépendants. Il y a peut-être là un lien de cause à effet à analyser pour penser une autre forme d’organisation des entreprises de manière générale.

Mais d’un autre côté, il convient d’admirer avec quelle constance, le mouvement des coopérateurs de production a su rester fidèle à ses principes et à même réussi à inventer de nouvelles formes de solidarité en faveur de l’emploi.

Le pullulement des associations d’innovation sociale

Dire le nombre d’associations relève de la gageure. Dire le nombre d’associations employant au moins un salarié (dont on peut supposer qu’elles ont donc une activité, sinon comment payer ce salarié)  reste ardu. Il faut dire que le statut associatif est particulièrement bien adapté comme support à l’innovation sociale. D’ailleurs cette dernière ne s’en prive pas et tout ce qui bouge dans la société civile (nouvelle forme de solidarité, nouvelles formes d’épargne, nouvelle formes d’organisation des loisirs, etc…) démarre ou a démarré sous la forme d’une association. C’est dire si elles sont sympathiques, ces associations. Et puis, on se sent si bien dans cette association et quand le président ne plait plus, c’est si simple, on le vire.

Ça, c’est le bon côté des associations.

La para-administration associative

Mais il y a l’autre, ces grandes machines para-administratives qui fonctionnent (j’allais écrire qui ponctionnent) sur fonds publics et dont on se demande si elles se souviennent encore de ce pourquoi elles ont été créées. Je n’exclus pas de ce paquet les grandes fédérations d’éducations populaires : j’ai même eu la surprise de lire qu’une grande association d’éducation populaire avait contractualisée avec un groupement d’entreprises privées, genre Bouygues ou Vinci, pour participer à la gestion privée de prisons dans le Sud de la France

Le cas particulier de l’insertion par l’économie

L’Insertion par l’économie qui a acquis ses lettres de noblesse à la fin des années 80 a donné naissance à des entreprises importantes, certaines ont même quelques centaines de salariés. Elles sont l’archétype de ces « entreprises privées de service public » dont je parle juste au-dessus. On peut penser que l’encadrement (administrateurs et dirigeants) de ces E.I. a encore une idée assez précise de leur utilité sociale mais que dire des salariés qui y défilent ?

Les usines de la bancassurance

J’ai cité dans un billet précédent quelques grands noms de la bancassurance. Ces entreprises pour respectables qu’elles soient du point de vue de l’économie de marché respectent-elles vraiment les principes au nom desquels elles ont été fondés ?

Certaines en ont fait un slogan « assureur militant », d’autres pratiquent la prévention sociale (ou environnementale), d’autres encore mettent sur le marché des produits financiers « éthiques ». Est-ce au nom de leurs principes fondateurs ou est-ce du marketing plutôt malin ? Cela suffit-il à en faire des modèles alternatifs ?

Et quand on compare les grandes familles de l’Economie Sociale et Solidaire ne doit pas finir par admettre que « small is beautifull » mais ça reste « small » et quand aux éléphants, ils finissent souvent où finissent les éléphants, au cimetière du même nom. C’est ce que nous verrons à l’acte suivant

Fin de l’acte 2

http://www.wat.tv/video/henri-salvador-minnie-petite-i817_2g0q9_.html

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